Discriminations dans le marché de la location : le rapport alarmant de SOS Racisme

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LOGEMENT - Une personne perçue comme ayant une origine étrangère part avec moins de chances qu'une personne perçue comme "d'origine française ancienne" pour louer un logement en Île de France. C'est ce que révèle mardi 7 mai SOS racisme, qui a enquêté pendant un an, menant une vaste opération de testing dans la région.

Une "aversion pour les origines". Sur le marché de la location déjà tendu en Île de France, une personne perçue comme ayant une origine étrangère ne part pas avec les mêmes chances qu’une personne perçue comme "d’origine française ancienne". 


Plus précisément, les candidats antillais ou d’origine africaine, maghrébine et asiatique à la recherche d’un logement subissent une discrimination de la part des propriétaires et des agences immobilières. C’est ce que montre l’enquête de SOS racisme dévoilée mardi 7 mai, et dont les premiers résultats sont révélés dans Le Parisien

Jusqu’à 40% de chance en moins

"Un profil asiatique a 15 % de chance en moins d’avoir un logement qu’une personne d’origine française ancienne, une personne d’origine maghrébine a 28 % de chance en moins et une personne ultramarine ou d’Afrique subsaharienne a 38 % de chance en moins", constate ainsi le rapport.


Ce triste constat de SOS Racisme découle d’une enquête qui sera dévoilée entièrement ce mardi lors du colloque "Discriminations raciales au logement : ça suffit !" "Quand on connaît les tensions sur le marché de la location en Île de France, partir avec un handicap de près de 40 % c’est énorme", alerte Dominique Sopo, le président de l’association.

Une discrimination difficile à prouver

 "Les victimes ont rarement conscience" d’avoir fait l’objet d’une discrimination raciale, explique Julia Levivier, responsable du pôle juridique de SOS Racisme, au Parisien. "Les preuves manquent et le testing est bien souvent la seule manière d’objectiver le phénomène". Pendant un an, l’association antiraciste a donc utilisé cette méthode – dont les résultats sont recevables par un tribunal – sur 775 annonces immobilières de location dans tous les départements d’Île de France.


Concrètement, les auteurs de l’enquête ont répondu aux annonces  avec les mêmes informations, en modifiant seulement la consonance du nom de famille.  Résultat : "c’est le profil ayant des origines françaises anciennes" qui a le plus de retours positifs (17%), recevant une proposition de rendez-vous ou une demande de pièces complémentaires afin d’accéder au rendez-vous. Vient ensuite le profil asiatique (15% de retours positifs), qui devance le profil maghrébin (12%) et africain et ultramarin (11%).

87 % de discrimination chez les particuliers

Autre élément du rapport : pour les logements loués par des particuliers, le taux de discrimination monte à 87%, contre 68% pour les agences immobilières. Un taux qui reste pour Dominique Sopo "spectaculairement élevé de la part d’acteurs dont on attendrait qu’ils remplissent correctement leur rôle". 


Face à un tel constat, l'association réclame des "mesures concrètes", comme le lancement d’une grande campagne de sensibilisation sur les discriminations, pour faire évoluer les consciences. 

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