Drogues : l'utilisation du protoxyde d'azote, "gaz hilarant", en forte hausse depuis le déconfinement

Drogues : l'utilisation du protoxyde d'azote, "gaz hilarant", en forte hausse depuis le déconfinement
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DANGER - Dans certaines villes, vous en avez très certainement déjà vues traînées au sol : de petites cartouches argentées, contenant du protoxyde d'axote et qui sont utilisées dans les siphons à chantilly, sont désormais détournées comme drogue par les jeunes. Et les dégâts neurologiques peuvent être considérables. Explications.

C'est la troisième drogue la plus utilisée chez les jeunes. Elle est disponible dans le commerce, peu chère, mais les dégâts provoqués par son inhalation sont considérables : il s'agit du protoxyde d'azote, ou "gaz hilarant". On le trouve notamment dans les cartouches utilisées dans les siphons à chantilly. 

En général, les adeptes de cette drogue déversent le gaz contenu à l'intérieur des cartouches dans un ballon de baudruche et l'inhalent. Quelques bouffées provoquent une euphorie comparable à une ivresse, accompagnée d'un fou rire irrépressible. Mais détourné ainsi de son usage, l'utilisation de ce gaz est dangereuse et peut provoquer de graves séquelles neurologiques.

Alerte de la préfecture des Alpes-Maritimes

Depuis le déconfinement et dans de nombreuses régions, les autorités alertent sur la recrudescence de son utilisation. Dans les Alpes-Maritimes notamment, la préfecture a émis une mise en garde sur Twitter quant à son utilisation et ses dangers. Elle y évoque, tour à tour, une "asphyxie par manque d'oxygène, perte de connaissance, risque de chute, d'étouffement", ainsi que des "atteintes du système nerveux et de la moëlle épinière, troubles psychiques", en cas d'utilisation prolongée.  

Selon certaines autorités, ces petites cartouches seraient même en passe de devenir "un fléau national". "Les cas irréversibles sont des atteintes neurologiques avec des fourmillements des membres supérieurs et inférieurs, une faiblesse musculaire qui peut être importante et dans certains cas, rares, cela peut-être paralysant", explique le Dr Laurent Kakila, psychiatre et addictologue à l'hôpital Paul Brousse à Paris. En France, une trentaine de cas graves avait été recensé l'année dernière, forçant les municipalités à prendre des mesures comme l'interdiction de la vente de ce gaz aux mineurs. 

Interdiction de la vente aux mineurs ?

En novembre dernier, la Direction générale de la Santé et la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie avaient déjà publié une mise en garde. Un mois plus tard, le Sénat avait adopté, à l'unanimité, une proposition de loi transpartisane. La mesure phare, qui doit encore être soumise à l'Assemblée nationale, est l'interdiction de la vente de ce gaz aux mineurs, y compris sur les sites de commerce en ligne. Le non respect de cette interdiction est assortie d'une peine d'amende de 3.750 euros. 

Les industriels auraient en outre l'obligation d'indiquer sur l'emballage la dangerosité du produit. Le texte propose aussi de pénaliser l’incitation d’un mineur à faire un usage détourné d’un produit de consommation courante pour en obtenir des effets psychoactifs. Il prévoit encore d'accompagner la politique de prévention menée à l’école. Mais pour l'heure, ce "gaz hilarant" demeure toujours en vente libre et sur Internet. 

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