Droits des femmes : le premier Prix Simone Veil remis à la Camerounaise Aissa Doumara Ngatansou

Droits des femmes : le premier Prix Simone Veil remis à la Camerounaise Aissa Doumara Ngatansou
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RÉCOMPENSE - La militante camerounaise Aissa Doumara Ngatansou a reçu ce vendredi à l'Elysée le premier "Prix Simone Veil de la République française", créé par Emmanuel Macron pour récompenser "des actions partout dans le monde en faveur des droits des femmes".

Il récompense "des actions partout dans le monde en faveur des droits des femmes". Un premier "Prix Simone Veil de la République française" a été remis ce vendredi à l'Elysée à la militante camerounaise Aissa Doumara Ngatansou pour récompenser son engagement contre les mariages forcés. 

"C'est avec beaucoup d'émotion et remplie de sentiments de gratitude que j'accueille cette marque de reconnaissance. Ce d'autant plus que ce prix est associé au nom d'une illustre dame", a déclaré la mère de trois enfants de 46 ans, cofondatrice en 1996 d'une antenne de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) dans la ville de Maroua, dans la région Extrême-Nord du Cameroun. Et d'ajouter : "Je remercie infiniment le jury d'avoir porté ce choix sur ma modeste personne et d'avoir reconnu le travail des femmes loin de cette contrée."

Dans son discours, celle qui se définit comme une "militante née" tant elle a "ressenti toute petite la différence qu'on accordait à la fille qu'elle était", est revenue sur son parcours. "Plus tard, j'ai décidé de rentrer dans le schéma classique qu'on destinait aux filles de mon âge, c'est à dire devenir ménagère, mère, épouse au service de tous sans penser à soi-même", a-t-elle notamment expliqué. "J'ai refusé cela et j'ai continué mes études et je me suis engagée pour qu'aucune autre femme vive de la violence, et ne soit obligée de faire la volonté de quelqu'un d'autre juste par pression, juste parce qu'elle née femme."

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Un "exemple de courage et de persévérance"

"Je viens d'une contrée où le non respect des droits des femmes ou la méconnaissance de ces derniers amène les femmes à vivre beaucoup de discriminations dont certains clichés sont le viols, le mariage précoce et forcé, l’utilisation des filles et des femmes comme bombes humaines", a-t-elle poursuivi avant de détailler son engagement quotidien. "Ce que nous faisons tous les jours dans les espaces de prise en charge, c'est de redonner gout à la vie, c'est de redonner tous les pouvoirs que ces dernières ont perdu à travers des actions de soutien, de sensibilisation et le plaidoyer pour que la situation socio-juridique des femmes soit reconnue en tant que telle."

Le Président Emmanuel Macron, à l'origine de la création de ce prix, a ensuite salué le combat contre les mariages forcés et les violences faites aux femmes d'Aissa Doumara Ngatansou comme un "exemple de courage et de persévérance" alors que "l'obscurantisme renaît dans beaucoup de régions du monde." Confirmant la création d'un fond de 120 millions d'euros d'aide au développement pour soutenir les mouvements en faveur des droits des femmes dans le monde, le chef de l'Etat a indiqué que "nous continuerons à mener cette action sans relâche" sans "plus aucun passe droit" alors qu'"il y a encore tant et tant à faire." 

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