Le changement d'heure permet-il vraiment de faire des économies d'énergie ?

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SOCIÉTÉ - L'argument mis en avant en 1976 en France, selon lequel il permet de faire des économies d'énergie, ne semble plus vraiment tenable. Explications.

L’heure d’hiver sera-t-elle bientôt de l’histoire ancienne ? Une consultation citoyenne organisée par l’Assemblée nationale et dévoilée a montré un soutien majoritaire (83,71% des voix sur plus de 2 millions de votants) au maintien de l’heure d’été en France. La Commission européenne a proposé en septembre 2018 de supprimer purement et simplement (façon de parler) le changement d'heure. Il faut dire que ce rituel n’a plus beaucoup d’adeptes. Notamment car les économies d’énergies, principale raison pour laquelle il a été instauré, ne sont plus vraiment d’actualité.

Le changement d'heure a en effet été mis en place en France en 1976, après le choc pétrolier, dans le but de limiter l'utilisation de l'éclairage artificiel. Seulement voilà : selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), qui avait lancé en 2006 une étude d'évaluation des impacts énergétiques du régime d'heure d'été, actualisée en 2009, "le changement d'heure permet des économies d'énergies et de CO2 réelles mais modestes, pour un coût quasi-nul de mise en œuvre". 

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L'équivalent de la ville de Marseille

En 2010, elle chiffrait les gains sur l'éclairage à 440 GWh, soit l'équivalent de la consommation en éclairage d’environ 800.000 ménages, grâce au passage à l'heure d'été. Cela représente l'équivalent de la ville de Marseille avec son agglomération et Aix-en-Provence. Toutefois, selon une mise à jour de ces données, les éclairages publics étant notamment de plus en plus performants et de moins en moins énergivores, les économies d'énergie seraient moins importantes qu'avant. Au total, le changement d'heure permettrait à la France d'économiser 351 GWh, soit 0,07% de la consommation totale.

Autres chiffres éloquents, ceux du Service de recherche du Parlement européen (EPRS). En 2017, une évaluation de l'impact du changement d'heure s’était appuyée sur les résultats de récentes études scientifiques. Le verdict ? En Europe, les économies sont estimées entre 0,5% et 2,5% selon les pays.

L'association "La méridienne", opposée au changement d'heure, calcule que cette économie ne représente qu'1% des 513.000 GWH dépensés annuellement. Malgré tout, le gain persiste, assure l'Ademe, qui prévoit que celui-ci sera encore de 340 GWH par an à l'horizon 2030. 

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