Violences sexuelles : le nombre de personnes s'estimant victimes en hausse de 53% en 2017

Violences sexuelles : le nombre de personnes s'estimant victimes en hausse de 53% en 2017
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CHIFFRES - Selon une vaste enquête statistique publiée ce jeudi, le nombre de Français déclarant avoir été victimes d'abus sexuels en dehors de leur foyer a augmenté de moitié en un an. Une hausse attribuée en partie à la libération de la parole dans le sillage de l'affaire Weinstein et du mouvement #MeToo.

C'est une "forte augmentation" du nombre de victimes de violences sexuelles que révèle ce jeudi l'étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et de l'Insee. Ou plus exactement un bon des déclarants sur fond de libération de la parole. Dans le détail, le proportion de personnes assurant avoir été victimes de violences sexuelles en dehors de leur foyer a augmenté de 53% entre 2016 et 2017. De 173.000, le nombre de personnes s'estimant victimes d'abus sexuels est ainsi passé à 265.000 l'an dernier, indique l'enquête annuelle de victimation et de perception de la sécurité.


Des chiffres que l'ONDRP appelle donc à prendre "avec précaution" du fait d'une "modification des questions" posées dans l'étude en 2017 et du "contexte de libération de la parole autour des violences sexuelles peu avant la collecte des données" dans le sillage de l'affaire Weinstein et du mouvement #MeToo. "Ces résultats pourraient donc refléter une prise de conscience par les personnes interrogées de leur statut de victime, de la représentation de ce qu'est une violence sexuelle, et par là même amener une plus forte déclaration des personnes victimes", explique l'ONDRP. 


Parmi ces victimes, 93.000 disent avoir subi un viol ou une tentative de  viol, contre 58.000 en 2016.

Une tendance loin des statistiques du ministère de l'Intérieur

Cette 12e enquête de "référence", au cours de laquelle 16.000 personnes de 14 ans et plus ont été interrogées, permet de mesurer l'évolution de la délinquance au-delà des seules statistiques administratives, en sondant les Français qui ne portent pas systématiquement plainte lorsqu'ils sont victimes. Les taux de plainte sont en effet très variables. S'ils dépassent les 75% pour des cambriolages ou des vols de voiture, ils tombent sous la barre des 30% en cas de violences physiques. Le taux dégringole à moins de 15% lorsqu'il s'agit de violences sexuelles ou de violences dans le ménage et au sein du couple. 


A titre d'illustration, selon les statistiques du ministère de l'Intérieur, les plaintes pour viols et agressions sexuelles ont respectivement augmenté en 2017 de 12% (16.400) et de 10% par rapport à 2016 (24.000), loin de la tendance mise en lumière par l'enquête de "victimation".

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