Enfant de 5 ans renversé lors d'un rodéo : notre enquête sur ce phénomène grandissant

Enfant de 5 ans renversé lors d'un rodéo : notre enquête sur ce phénomène grandissant
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SÉCURITÉ - Un enfant de cinq ans a été grièvement blessé mercredi soir après avoir été renversé par un deux-roues qui faisait un rodéo à Vaulx-en-Velin, près de Lyon. Une équipe de TF1 a mené l'enquête sur ce phénomène et les moyens de le juguler.

Confinement ou pas, les images de ce type continuent de se multiplier sur les réseaux sociaux : des slaloms à vive allure au milieu des voitures, avec derrière le guidon des conducteurs souvent jeunes et non casqués. Ce que l'on appelle des rodéos urbains. Une pratique en pleine explosion, aussi dangereuse qu'illégale, et qui a encore fait une victime mercredi soir à Vaux-en-Velin, près de Lyon : un enfant de cinq ans a été grièvement blessé après avoir été renversé par un deux-roues.  Pour rappel, après qu'un policier avait été blessé au cours d'un rodéo sauvage sur le périphérique de la capitale, le 15 mai dernier, Christophe Castaner a confié à deux députées une mission de réflexion afin d'élaborer un nouveau plan anti-rodéos.

Depuis une loi de 2018, le rodéo urbain est un délit passible de deux ans de prison ferme et 30.000 euros d'amende, ce qui a donné une base légale aux forces de l'ordre pour intervenir dans ce domaine. Mais durant le confinement, les rodéos ne se sont pas arrêtés et ont même augmenté de 15%. "337 infractions ont été relevées" au cours de cette période, selon le ministre. Depuis l'adoption de la loi, a-t-il précisé, 39.051 interventions des forces de l’ordre ont été réalisées et 3.596 infractions relevées. Avec ce texte, dans les grandes agglomérations, des cellules dédiées ont été créées. Une équipe de TF1 a pu suivre l'une d'entre elles dans son travail, dont l'action passe par le renseignement, la saisine des motos et leur destruction, notamment. 

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Dans le Pas-de-Calais, c'est avec une approche différente que l'on tente de mettre un terme à ces rodéos. Une trentaine de personnes ont été mobilisées pour cette opération : brigade anti-criminalité, motards et même un avion qui survole la région à raison de deux fois par semaine à 500 m d'altitude. C'est à l'aide de cet appareil que la police repère une moto avec précision puis prévient les unités au sol, qui arrivent alors sur place en quelques minutes. Si les personnes parviennent à prendre la fuite, l'avion est capable de les suivre à la trace et d'indiquer avec précision leur situation, aux policiers. Dans le pire des cas, certains rodéos finissent en accident mortel. C'est ce qui a conduit une maman à lancer une pétition il y a quelques années. Elle souhaitait alerter le maire sur ces pratiques qui mettent en danger les enfants. 

Nathalie elle, a eu moins de chance. Elle a été violemment percutée par un scooter, il y a deux ans,  alors qu'elle se promenait au milieu de la foule. "Il ne portait pas de casque, il provoquait, ça klaxonnait...", raconte-t-elle aux équipes de TF1. Puis elle ne se souvient plus de rien. "Le trou noir". A l'hôpital, elle apprendra qu'elle a quatre fractures du crâne, dix côtes fracturées et un œdème pulmonaire. Elle pense avoir reconnu l'homme responsable de l'accident, sur des vidéos. Son procès doit d'ailleurs s'ouvrir dans quelques semaines. "L'individu qui m'a renversée s'exhibe sur les réseaux sociaux en faisant des rodéos. Il en est fier (...) J'apprends à vivre avec mes blessures", dit-elle.

Certains demandent à ce que cette pratique soit encadrée

Afin que ces drames ne se reproduisent plus, certains adeptes de ces rodéos urbains prônent la sécurité et souhaitent que ce "sport" soit encadré. C'est le cas d'Alexandra et Rio. Ils pratiquent leur "passion", casqués, sur des terrains vagues, loin des gens. mais en toute illégalité. "On est hors-la-loi et c'est dommage. On cherche à être en règle parce que pour nous, c'est vraiment un sport et on ne peut le pratiquer nulle part", expliquent-ils. "On voudrait faire ça dans un cadre légal, protégé, et sécurisé qui ne dérange personne et où on a le droit d'exercer cette passion", plaident ces deux aficionados. Reste que malgré une pratique sans réel danger pour autrui, tous deux risquent jusqu'à un an de prison et 15.000 € d'amende.

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