Plus d'un tiers des enseignants français signalent des problèmes de discipline

Population

BONNET D’ÂNE - Selon l'OCDE, les professeurs français pourraient être les mauvais élèves en matière de gestion des éléments perturbateurs, en classe. La faute à un défaut de formation continue sur la gestion de classe.

Les professeurs français, bonnets d'ânes en matière de gestion de classe et de comportements perturbateurs des élèves ? C'est le résultat d'une grande enquête de l'OCDE publiée ce jour, à propos de la formation des enseignants à travers le monde qui gagnerait à être plus intéressante intellectuellement et financièrement. 

L'OCDE a interrogé 260.000 enseignants et chefs d'établissement dans 48 pays et économies participant à la grande enquête Talis réalisée tous les cinq ans auprès de cette population, et il apparaît que les enseignants français pâtissent d'un manque de formation continue comparé à leurs collègues d'autres pays : moins formés notamment dans la gestion de classe et les comportements perturbateurs des élèves, ils sont aussi plus nombreux à signaler des problèmes de discipline.

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Seulement 66% des profs français, dans le primaire et le secondaire, disent avoir été formés à la gestion des comportements des élèves, contre 72% pour leurs collègues des pays de l'OCDE. Et ils ne sont que 22% à se dire "bien préparés" dans ce domaine. Ainsi, les enseignants français passent plus de temps à faire du maintien de l'ordre dans leur classe (17%) que leurs homologues de l'OCDE (13%). 

Mathématiquement, ils passent également moins de temps à l'enseignement et à l'apprentissage, ce qui représente 75% du temps passé en classe. Ailleurs, ils y passent 78% de leur temps. Et plus d'un tiers des enseignants français (35%) signalent des problèmes de discipline, contre 28% en moyenne dans les pays de l'OCDE ayant participé à l'étude. 

Les jeunes enseignants souvent envoyés dans des lycées socio-économiquement défavorisés

Le rapport souligne également les écarts de temps d'enseignement entre les collèges avec une forte concentration d'élèves de milieux socioéconomiques défavorisés et les établissements les plus favorisés, en France: 7,5 jours sur une année scolaire une fois que l'on retranche de chaque heure de cours les minutes consacrées au retour au calme.

Pour expliquer cette forte disparité, l'OCDE émet une hypothèse : le fait d'envoyer dans les établissements les plus défavorisés  des enseignants débutants. Et sans surprise, les profs débutants sont moins nombreux que les profs expérimentés à se dire capables de contrôler les comportements perturbateurs en classe.

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