Environnement : 93 parlementaires prennent la défense de l’avion et des vols intérieurs

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TRIBUNE – Dans un texte publié dans le JDD dimanche 23 juin, 93 parlementaires de tous bords appellent à ne pas jeter "l'anathème" sur l’avion, après que certains ont proposé d’interdire les vols intérieurs. Les signataires mettent en garde contre la fracture territoriale et sociale que pourraient aggraver les attaques contre ce mode de transport.

"Arrêtez de taper sur l’avion" : c’est l’appel que lancent dans le JDD du dimanche 23 juin des députés et sénateurs de tous bords. Ils sont 93 à prendre la défense des vols intérieurs, alors que plusieurs députés, dont Delphine Batho ou François Ruffin, ont récemment proposé d’interdire les vols domestiques de courte distance, quand le même trajet est réalisable en train en moins de cinq heures. 

"Nous assistons, interloqués, à une multiplication des attaques contre l’avion", notent les signataires de la tribune, parmi lesquels la sénatrice (RDSE) du Cantal Josiane Costes, ou encore le député (LREM) de la Gironde Benoît Simian. "Non, l’avion n’est pas un moyen de transport qui serait un caprice réservé aux nantis !", assurent les parlementaires, qui le défendent comme une "une nécessité vitale" pour certains territoires "éloignés des métropoles".

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"Certains de nos territoires sont en effet victimes d'un enclavement qui handicape leur développement. Les lignes aériennes interrégionales, en particulier celles qui les relient à Paris, sont souvent le seul moyen de leur éviter un isolement mortifère, faute de dessertes routières et ferroviaires adaptées à notre époque", écrivent ces élus de gauche, de droite, du centre et de la majorité. Et de prendre pour exemple le Cantal, et les sept heures de train (avec deux changements) nécessaires pour rejoindre Aurillac depuis Paris. 

Ecologie "incitative" plutôt que "punitive"

Ils écrivent : 

Qu'il n'y ait pas de méprise, nous ne sommes les représentants d'aucun lobby. Nous avons conscience de l'importance de changer nos modes de transport et de consommation pour lutter contre le réchauffement climatique... mais privilégions l'écologie incitative plutôt que punitive. - Les signataires de la tribune

Plutôt que de taxer le transport aérien ou de le limiter, les députés et sénateurs proposent d'aider le secteur aérien "à adopter une stratégie bas carbone en développant la recherche sur l'hydrogène et le biokérosène". "C'est précisément à ces fins qu'une mission d'information parlementaire sur le transport aérien et l'aménagement des territoires a été lancée en mai dernier", rappellent-ils, avant une mise en garde : "L’avion nuit au climat, certes ; mais si on le compare à l’automobile, il consomme deux fois moins par passager. S’y attaquer sans discernement aggraverait considérablement la fracture territoriale et sociale de notre pays."

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