Épandage de pesticides : l'encadrement proposé par le gouvernement jugé "insuffisant" par les associations environnementales

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AGRICULTURE - Le gouvernement va proposer de fixer à 5 ou 10 mètres la distance minimale entre les zones d'épandage de pesticides et les habitations. Un cadre jugé très insuffisant par les écologistes, tandis que la FNSEA plaide au contraire pour plus de souplesse.

Les pesticides ne sont pas près de mettre tout le monde d'accord. Le nouveau cadre proposé par le gouvernement en matière d'épandage a suscité samedi des critiques de la part des écologistes, mais également, côté agriculteurs, de la FNSEA.

L'exécutif va mettre en consultation, à partir de lundi, un projet de décret destiné à régir les distances entre les habitations et les zones d'épandage. Ce décret instaurerait des distances de protection de 5 mètres pour les cultures dites "basses" (comme les légumes) et de 10 mètres pour les cultures dites "hautes" (comme les céréales). Des normes qui s'appuient sur les recommandations formulées par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement

et du travail (Anses). La loi prévoit que ces mesures protection soient effectives à compter du 1er janvier 2020, afin de limiter l'exposition des riverains et des personnes présentes pendant ou après la pulvérisation des pesticides. 

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"C'est un poisson d'avril"

Ce cadre a suscité de fortes critiques au sein des associations environnementales et chez les écologistes. "Les mesures proposées sont vraiment insuffisantes, au vu de ce que dit l'Anses, au vu des études scientifiques", a ainsi déploré auprès de l'AFP Thibault Leroux, de France Nature Environnement. "C'est assez décevant de voir qu'au sein du gouvernement, c'est le ministère de l'Agriculture qu'on écoute, avant les enjeux sanitaires et environnementaux."

Même son de cloche auprès de Yann Arthus-Bertrand, président de la fondation Good Planet. "Je n'y crois pas, je pense que c'est un poisson d'avril. Je ne peux pas croire qu'aujourd'hui les lobbyistes soient plus forts que la santé de la population. C'est insultant pour les gens qui se battent depuis si longtemps contre les pesticides."

Si le secrétaire national d'EELV David Cormand a reconnu le caractère "historique" de la mesure, puisque c'est "la première fois que l'Etat admet qu'il y a un danger grave pour les gens", il a qualifié la norme proposée "d'anecdotique". "Cinq mètres, ce n'est rien, autant dire que les pesticides seront dans nos maisons", a également réagi, sur LCI, la porte-parole d'EELV, Sandra Regol. 

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Arrêté anti-pesticides - Sandra Regol : "5 mètres, c'est rien, autant dire que les pesticides seront dans nos maisons"

La FNSEA veut des mesures locales

A l'opposé, la FNSEA a déploré qu'une telle loi régisse l'ensemble du territoire, s'opposant à la mise en place de zones de "non-traitement". "Nous avons toujours été favorables à ce qu'on puisse parler de ce problème par territoire, parce que les enjeux ne sont pas du tout les mêmes d'un territoire à l'autre", a plaidé Christian Durlin, vice-président de la commission environnement au sein du syndicat agricole, auprès de l'AFP. "L'objectif, c'est qu'il n'y ait pas de zones de non-traitement et de développer des chartes, le dialogue sur le terrain avec les maires et les associations de riverains, pour qu'on puisse trouver des solutions où tout le monde s'y retrouve." 

La FNSEA préfère le développement "d'alternatives", comme la mise en place de haies ou de matériel spécifique pour éviter les dérives de pesticides en dehors des parcelles. 

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