Hôpitaux débordés par la grippe : "On est incapable d’adapter notre système hospitalier aux besoins", dénonce Patrick Pelloux

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ENGORGEMENT - Alors que la grippe touche le pays de plein fouet, l'épidémie est en train de saturer les hôpitaux. Comme il l'avait fait pendant la canicule, le président de l'Association des médecins urgentistes de France, donne l'alerte.

Des patients installés dans les couloirs faute de places disponibles. Alors que tous les indicateurs de l'activité grippale sont en rouge et que la part des hospitalisations pour grippe ou syndrome grippal est en augmentation, la scène se reproduit au quotidien dans les établissements hospitaliers aux quatre coins de la France. Urgences engorgées, manque de moyens pour traiter correctement les patients... le personnel médical s'inquiète. 


Évoquant "des situations qui paraissent non souhaitables", un médecin décrit notamment au micro de LCI "des patients qui sont sur des brancards dont on s'occupe mais pas dans des conditions optimales." Tandis qu'un autre explique que l’établissement du Vaucluse où il exerce "absorbe cinq, six, sept patients au moins par jour qui ont la grippe, avec le souci des places qui vont avec, depuis au moins trois semaines."

"On ferme des lits mais on est incapables d'en ouvrir"

Parmi les 14.000 patients qui se sont présentés aux urgences la semaine dernière, 2.171 ont été hospitalisés (contre moins de deux mille la semaine précédente), selon le réseau Oscour. Ces hospitalisations concernent particulièrement les 75 ans ou plus (48%) et les moins de 5 ans (13%). 


Alors que les hôpitaux recommandent de ne pas engorger les urgences qui s'occupent en priorité des malades les plus fragiles, l'urgentiste Patrick Pelloux donne l'alerte. "En fait on s’aperçoit qu'en France et dans le système hospitalier, on arrive toujours à baisser la capacité (vacances, problèmes de personnels...) donc on ferme des lits, mais on est incapable d'en ouvrir quand on en a besoin", explique-t-il. Selon lui, "cette épidémie montre qu'on est incapables d’adapter notre système hospitalier aux besoins de la population".


Pour rappel, cette année la grippe serait déjà responsable d'environs 1.800 décès en France. 

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