5 grammes de plastique par semaine dans nos estomacs : le gouvernement saisit l'Anses

Population

APPROFONDISSEMENT - La secrétaire d'Etat à la Transition écologique a annoncé saisir l'agence nationale de sécurité sanitaire après la publication d'un rapport scientifique montrant qu'un individu ingère l'équivalent du poids d'une carte de crédit en matériaux synthétiques ou semi-synthétiques tous les sept jours.

"Je ne sais pas si cette étude est vraie, pas vraie, a tort...". Deux jours après la publication d'un rapport  scientifique, commandé par le WWF, montrant qu'un individu ingère jusqu'à cinq grammes de plastique par semaine, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson entend soumettre le sujet à l'agence nationale de sécurité sanitaire. 

"J'ai saisi l'Anses pour qu'elle lance une étude détaillée approfondie pour savoir clairement ce qu'il en est pour les Français", a-t-elle ainsi annoncé ce jeudi sur RMC, avant de souligner : "je veux fonder tout mon travail sur la science". Estimant que l'"on consomme toujours plus de ressources naturelles pour consommer des produits qu'on consomme toujours moins", la secrétaire d'Etat a insisté sur le fait de vouloir "transformer ça." 

Lire aussi

"Un calcul précis des taux d'ingestion"

Si des études ont précédemment montré que les humains ingèrent et respirent une nuée de particules de plastique chaque année, le défi pour les chercheurs de l'université de Newcastle (Australie) à l'origine du rapport publié ce mardi était d'en évaluer le poids. "Alors que la prise de conscience grandit quant à l'existence des microplastiques et à leur impact sur l'environnement, cette étude fournit pour la première fois un calcul précis des taux d'ingestion", a ainsi expliqué l'un d'entre eux, Thava Palanisami. 

L'analyse produite se base sur 52 études, qui montrent notamment qu'un humain avale et inhale chaque année des dizaines de milliers de micro-pièces et particules avalerait et environ 2.000 chaque semaine. A partir de là, les scientifiques australiens en ont évalué le poids, pour aboutir à quelque 250 grammes annuellement, soit la masse d'une carte de crédit chaque semaine. 

l'impact sur la santé humaine encore à préciser

Pour le WWF, "c'est un signal d'alarme pour les gouvernements : les plastiques ne polluent pas juste nos rivières et océans, ils ne tuent pas seulement la vie marine, mais ils sont en chacun d'entre nous", souligne Marco Lambertini, directeur général du WWF International, dans un communiqué.

Si l'impact du phénomène sur la santé humaine reste encore à préciser, ce rapport "contribuera à cerner les potentiels risques toxicologiques pour les humains", précise Thava Palanisami. Première source de ce plastique ingurgité, l'eau, surtout si elle est embouteillée. Parmi les autres produits de consommation analysés, les fruits de mer, la bière et le sel contiennent le plus fort taux.

Sur le même sujet

Lire et commenter