Menacée d'expulsion après avoir fui son pays pour ne pas être excisée, Samira pourra-t-elle rester en France ?

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MUTILATIONS - Samira, 10 ans, doit être expulsée ce 12 novembre. La fillette était arrivée en France l'année dernière après avoir fui la Côte d'Ivoire où elle risquait d'être excisée. Une pétition pour réclamer qu'elle puisse rester sur le territoire français a été signée près de 130.000 fois sur internet.

Chaque année, des milliers de femmes et fillettes quittent leurs pays pour échapper à l’excision. On estime à 3 millions le nombre de filles susceptibles de subir cette mutilation génitale tous les ans. C'est pour cette raison que Samira a fui la Côte d'Ivoire avec ses parents, et est arrivée l'an dernier en France, où elle est désormais scolarisée en CM2. 

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Au cours de son trajet, la fillette qui a connu l'enfer de la Libye et la traversée de la Méditerranée, a perdu sa maman. Elle vit désormais en Seine-et-Marne avec son papa. Mais tous deux doivent être expulsés le 12 novembre prochain à 10h10, dans un vol à destination de Venise, en Italie, conformément au "règlement de Dublin" qui confie l'étude de la demande d'asile au pays d'entrée en Europe, en l'occurrence l'Italie pour cette famille.

La faute à la "procédure Dublin"

"Samira va être séparée de ses camarades de classe et éloignée de son refuge qu’est devenue la France. Une fois de plus, elle va être envoyée sur les chemins de l’exil et de l’errance. Cette aberration s’appelle ‘procédure Dublin’" écrit l'eurodéputé Raphaël Glucksmann dans la pétition en ligne qu'il a publié sur le site Change.org et signée ce jeudi un peu moins de 128.000 fois. "Je me bats au Parlement européen pour modifier ce règlement Dublin. Aujourd’hui toutefois, en vertu de son article 17 (Dublin III), vous avez le pouvoir de placer cette enfant et son père en procédure normale."

Le père de la fillette, accompagné de membres de l'entourage du député européen, doit être reçu à la préfecture de police de Paris jeudi. "Le cas de Samira n'est pas isolé, il est le symbole de la procédure de Dublin. Il n'y a pas de chiffres disponibles mais au moins un millier d'enfants sont dans cette situation en France", a déclaré à l'AFP Pierre Natanaël Bussière, collaborateur parlementaire de Raphaël Glucksmann.

Une pétition signée par Omar Sy et Marina Foïs

"La Déclaration internationale des droits de l’enfant prévoit que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions qui concernent les enfants. Cette considération doit jouer un rôle déterminant dans les décisions de transfert Dublin pour les familles avec enfants" ajoute le leader de Place publique sur la pétition, déjà signée par l'acteur Omar Sy, l'écrivaine Leïla Slimani, la maire PS de Paris Anne Hidalgo, l'ex-ministre Najat Vallaud-Belkacem ou les actrices Marina Foïs et Adèle Exarchopoulos.

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