Face au risque de recrudescence des violences faites aux enfants pendant le confinement, les associations s'organisent

Image d'illustration de violences faites aux enfants

VIOLENCES - Comment lutter contre les violences faites aux enfants en période de confinement ? Alors que le secrétaire d’Etat Adrien Taquet a présenté un disposant visant à renforcer leur prévention, la présidente de "la Voix de l’Enfant" a expliqué à LCI comment faisait son association pour maintenir ses services en période de confinement.

Le confinement accroît les risques de violences envers les enfants. Dans un communiqué publié mercredi 18 mars, le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance Adrien Taquet, écrit : "Pour les enfants, le danger de la contamination par le virus existe bel et bien. Le confinement qui permet de les en protéger entraîne toutefois des risques accrus de maltraitance, du fait de situations favorisant le passage à l’acte à domicile, et d’une difficulté supplémentaire pour le repérer". 

C’est pourquoi il a présenté un dispositif visant à prévenir ces violences, incluant le maintien de permanences dans les tribunaux pour enfants et d’audiences en comparution immédiate ; ainsi qu’un plan de continuité d’activité du numéro d’appel 119-Allo Enfance en Danger.

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Le 119 travaillera plus que jamais en collaboration avec des associations de protection de l’enfance, parmi lesquelles "La Voix de l’Enfant". Sa présidente Martine Brousse a expliqué à LCI comment elle s’organisait pour maintenir ses services en période de confinement. 

"Nous avons la chance aujourd’hui de pouvoir transférer des appels"

"'La Voix de l’Enfant' est en télétravail. Seule une personne, qui habite à côté de la permanence, a souhaité rester sur place. On l’appelle toutes les deux heures environ. Si elle reçoit des appels elle nous les transfère, et entre 18 heures et 10h30, ils sont renvoyés automatiquement chez moi", indique Martine Brousse, qui a créé l'association en 1981. "Nous avons la chance aujourd’hui de pouvoir transférer des appels. Cela permet de travailler à l’abri tout en répondant aux besoins et en apportant des réponses protectrices pour les enfants."

"Nous sommes en lien permanent avec le 119 et le secrétaire d’Etat aussi. Nous travaillons étroitement avec les associations 'L’Enfant bleu' et 'Colosse aux pieds d’argile'", continue-t-elle. "Nous allons nous répartir le travail, l’idée étant de permettre au 119 de prendre les appels urgents. Ceux nécessitant un conseil plus long, plus profond, est orienté vers nos associations. Car s'ils répondent en profondeur, ils prennent le risque de louper des appels urgents arrivés entre-temps."

Alors que Martine Brousse est bien consciente que "le confinement c'est la promiscuité" et donc un terrain propice aux violences, elle veut aussi mettre en avant "la vraie solidarité qui se met en place". "Il faut parler du positif aussi : nous sommes en train de mettre en place avec deux de nos associations un accompagnement scolaire pour les enfants de quartiers dits difficiles. Puisque les enfants n’ont pas d’ordinateurs, je passe des commandes pour en acheter. Tous les bénévoles sont mobilisés et veulent faire de l’accompagnement scolaire à distance", indique-t-elle. "C’est parce qu’on va organiser ce genre d’actions dans les familles, pour les enfants, qu’on va faire de la prévention."

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Occuper les enfants pour ne pas susciter l'énervement des parents

Car selon elle, la solution passe aussi par l'occupation des enfants. "La seule inquiétude que nous pouvons avoir, c’est quels moyens mettons-nous en œuvre pour faire en sorte que tous les enfants aient une occupation. Parce que des enfants confinés dans une pièce ou eux, c’est exaspérant pour des parents. Donc il faut absolument qu’on déploie de l’imagination, de l’énergie, des moyens, pour faire en sorte qu’on offre aussi à ces enfants la possibilité de se distraire, et de ne pas générer de l’énervement de la part d’adultes. C’est une de nos priorité, car plus les enfants seront occupés, moins ça générera d’énervement, l’énervement pouvant aboutir à de la violence."

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