Seine-Saint-Denis : des lettres de la directrice d'école retrouvée morte mettent en cause l'Éducation nationale

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DRAME - Une directrice d'école a été retrouvée morte lundi 23 septembre dans le hall d'un établissement de Pantin, en Seine-Saint-Denis. Elle avait rédigé des courriers mettant en cause le ministère. Jean-Michel Blanquer a saisi l'Inspection générale et donné son feu vert à une enquête administrative.

Une directrice d'école de Seine-Saint Denis, qui a été retrouvée morte dans le hall d'une école maternelle lundi 23 septembre, a rédigé des courriers envoyés à plusieurs directeurs d'écoles de Pantin, dans lesquels elle met en cause l'Education nationale.  "La succession d'inspecteurs qui passe à Pantin ne se rend pas compte à quel point tout le monde est épuisé", écrit la directrice dans une lettre que l'AFP s'est procurée. "Les directeurs sont seuls ! Seuls pour apprécier les situations (...) les parents ne veulent pas des réponses différées, tout se passe dans la violence de l'immédiateté", poursuit la directrice.

Dans ces courriers envoyés samedi, soit le jour présumé de sa mort, la fonctionnaire évoque aussi le manque de soutien de la part de l'Etat, le rythme scolaire des enfants, le manque d'outils de travail ou encore les pratiques "chronophages". Le corps de cette femme, âgée de 58 ans, a été découvert lundi matin dans le hall de l'école Méhul, en proche banlieue parisienne, mais la mort est "vraisemblablement intervenue samedi", selon une source proche de l'enquête. L'hypothèse du suicide est privilégiée dans l'attente des résultats de l'autopsie réalisée mardi. 

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Sur place, les enquêteurs avaient retrouvé "plusieurs courriers écrits de sa main pour informer de son choix" et "une affichette à l'entrée de l'école à l'intention de la gardienne". Mardi, plusieurs directeurs d'école de cette ville populaire ont reçu par la poste un courrier signé de la main de la directrice, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête. Selon lui, "une quinzaine de courriers" ont été reçus après sa mort par les écoles de la ville. Le SNUipp-FSU 93, également destinataire du courrier et dont la directrice était membre, a pointé dans un communiqué "la solitude de la mission de direction d'école dans les tâches quotidiennes administratives et organisationnelles qui s'accumulent, (qui) devient au fil des années insupportable".

Le syndicat évoque notamment des missions de direction d'école "complexifiées ces dernières années", avec "des injonctions hiérarchiques, parfois contradictoires", et le "manque de formation et d’accompagnement lors de la gestion de situations de crise". "Pour que la mort tragique de notre collègue et camarade ne soit pas vaine", le syndicat a indiqué son intention de déposer une "alerte sociale", protocole préalable à un préavis de grève auprès de la direction académique, exigeant "du ministre, du recteur, comme du Dasen (directeur académique) des réponses concrètes pour garantir la santé, l'intégrité morale et physique des personnels".

Enquête administrative

Un rassemblement est prévu ce jeudi à 18 heures devant l'école. Cette enseignante "très expérimentée et très dévouée", célibataire et sans enfant, "pour qui son travail était toute sa vie", avait par ailleurs enduré "de fortes lésions personnelles et sentimentales", nuance une source proche de l'enquête, évoquant notamment des décès dans son entourage. 

L'école, qui accueille 300 enfants, a été fermée lundi. Elle a rouvert mardi avec des modalités d'accueil particulières, a expliqué le rectorat. 

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a fait part jeudi de sa "profonde tristesse pour la directrice de l'école et pour la communauté éducative de toute la ville". 

Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) a été saisi par l'Académie de Créteil. Le ministère de l'Education a donné son feu vert à une enquête administrative.

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