Féminicides : déjà au moins 115 cas cette année, selon un décompte réalisé par l’AFP

Féminicides : déjà au moins 115 cas cette année, selon un décompte réalisé par l’AFP
Population

MEURTRES - Il y aurait eu 115 féminicides en France depuis le début d'année, selon un décompte réalisé par l'AFP à une semaine de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes.

C’est un travail qui a duré quatre mois. A quelques jours de la date de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, qui aura lieu ce 25 novembre, l’AFP a recensé 115 féminicides en France cette année. Un décompte réalisé au cas par cas depuis juillet à partir des données recensées par un collectif féministe.

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Vingt cas en moins

Car depuis trois ans, le collectif "Féminicides Par (Ex) Compagnons" réalise ce travail minutieux. Si, depuis 2006, il existe bien un chiffre publié par l’Intérieur, il n’arrive que l'année suivant les faits. Les quatre membres de ce groupe relèvent donc quotidiennement les cas dans la presse locale. Comme l’explique l’une des membres du collectif auprès de l’agence, alerter "en temps réel", et non pas en un bilan annuel, comme cela peut être le cas pour les morts sur la route, permet de prendre conscience, chaque jour, que ce fléau existe. 

L’AFP a donc décidé, pour comprendre ce phénomène, de mobiliser des équipes à partir de l'été afin de vérifier chacun des cas publiés par le collectif lanceur d’alerte. Pour chacun d’eux, ils ont contacté services de police et gendarmerie, magistrats, avocats, maires ou proches des auteurs et victimes, afin de demander le plus d’informations possibles sur les victimes et les auteurs présumés. 

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Par rapport à la liste initiale, ce sont donc une vingtaine de féminicides en moins. Parmi eux, une dizaine est encore "en attente", car les enquêtes n'ont pas encore permis de démontrer qu'il s'agissait bien d’homicide conjugal. Pour le reste, il s’avère finalement, après enquête, qu’ils n’en font pas partie. Notamment car l'autopsie a révélé une mort naturelle, ou que la femme et son meurtrier n'ont jamais eu de relation intime.

Une étude au cas par cas, qui a notamment montré que la séparation reste le premier motif des meurtres (23,5%) dans un couple. Preuve que, comme le dénoncent les associations féministes, les présumés coupables pensent "posséder" leur ex-compagne. L’occasion de rappeler que ce samedi à Paris est organisée la "marche nationale" contre les violences faites aux femmes. 

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