Fermetures de classes : les syndicats enseignants exigent un protocole "unique" et national

Trois jours après la rentrée scolaire, plusieurs classes et écoles ont dû être fermées pour cause de cas confirmés de Covid-19. Dans quelle situation ferme-t-on une classe ou une école ? Ces établissements, ont-ils un protocole ?

CACOPHONIE - Les syndicats enseignants déplorent que les décisions de fermer des classes et des établissements scolaires soient laissées à l'appréciation des autorités sanitaires locales, entraînant des situations différenciées selon les territoires. Beaucoup demandent l'écriture d'une procédure nationale unique.

Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé ce vendredi 4 septembre que 22 établissements et 120 à 130 classes avaient fermé leurs portes depuis la rentrée en raison de cas de Covid-19. Toujours selon le ministre, qui s’exprimait sur Europe 1, environ 250 protocoles pour des suspicions de cas sont aussi déclenchés quotidiennement. 

Les décisions de fermer une classe ou un établissement ne sont pas prises par les écoles, collèges et lycées eux-mêmes, mais laissées à l’appréciation des Agences régionales de santé (ARS), du préfet ou du rectorat local. Ainsi, une même situation peut engendrer, selon les départements, des fermeture de classe ou non. Une situation que dénonce le syndicat national des lycées et collèges (SNALC). "D'une agence de santé à l’autre, on ne fait pas les mêmes choses, et c’est normal puisque les documents pour gérer les cas sont eux-mêmes assez peu prescriptifs", explique à LCI son président Jean-Rémi Girard. 

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"Dans une annexe d’aide à la décision qui nous a été transmise, il est écrit que si vous avez au moins trois élèves touchés dans un même niveau, vous avez la possibilité de fermer partiellement ou totalement la classe. Donc on vous dit que vous pouvez fermer partiellement, totalement ou pas du tout le niveau. Globalement, vous pouvez faire ce que vous voulez. Pas étonnant que les ARS ne prennent pas les mêmes décisions ensuite", continue-t-il.

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Jean-Rémi Girard estime que s'il serait possible d'avoir des "réponses différenciées selon les territoires : 3 cas dans une école de 90 élèves et 3 cas dans une école de 450 élèves, ce n’est pas la même chose". "Il faudrait quand même que le processus soit plus précis, avec notamment des seuils de fermeture. Sous prétexte de laisser les décisions se prendre localement, on ne prend pas de responsabilités au niveau national."

La fédération SUD-Education regrette également dans un communiqué publié ce vendredi que "la gestion des fermetures de classes(...) s’avère différente d’une école ou d’un établissement à l’autre. Certain-e-s élèves continuent ainsi de venir en classe alors qu’un-e membre de la famille est diagnostiqué-e positif ou positive, alors qu’ailleurs on demande aux parents de garder les enfants à la maison dans ce cas de figure." "Il devient urgent d’établir une procédure claire et unique sur l’ensemble du territoire", estime le co-secrétaire Jules Siran.

Plus que ces disparités dans les conclusions, le syndicat SE-Unsa déplore pour sa part la responsabilité qui pointe sur les directeurs et chefs d'établissements. "C'est sur eux que repose la responsabilité de retracer toutes les personnes en contact avec un cas suspect et de faire remonter cette liste rapidement aux autorités sanitaires. Or, dire à un élève ou un enseignant de ne plus venir à l'école peut avoir des conséquences importantes", regrette auprès de LCI Elisabeth Allain Moreno, secrétaire nationale du syndicat, en charge des questions de carrière des personnels et de qualité de vie au travail. 

Jean-Rémi Girard alerte, lui, sur le fait que les directeurs et directrices se retrouvent dans l'incapacité de renseigner correctement équipes éducatives et parents d'élèves. "Ils ne peuvent pas transmettre d'information fiable au personnel ou aux familles puisqu'ils ne savent pas dans quelle situation la classe sera fermée ou non, si l’établissement sera fermé ou pas."

Elisabeth Allain Moreno pense également qu'"il aurait été préférable que ce processus soit connu plus tôt". "Les directeurs ont aussi à gérer le fonctionnement quotidien de leur établissement. Ils n'ont pas les moyens humains de gérer tout ce dispositif."

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