Fête de l'Aïd el-Kebir : y a-t-il de moins en moins d'abattoirs mobiles ?

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RELIGION - La communauté musulmane fêtera ce week-end du 10 août l'Aïd el-Adha, la fête du sacrifice. Pour l'occasion, une trentaine d'abattoirs mobiles ont obtenu cette année l'agrément. Trop peu, critiquent certains croyants.

Les fidèles se préparent pour la plus grande des fêtes islamiques : l'Aïd el-Adha, la fête du sacrifice, également appelée Aïd el-Kebir ("la grande fête), pendant laquelle il est de coutume de sacrifier un mouton. Pour répondre à la demande, chaque année, des abattoirs mobiles sont installés un peu partout en France. Certains mettent en avant une chute drastique de ces établissements temporaires. Qu'en est-il ?

"Dans les zones où la capacité d’abattage est insuffisante, (...) l’aménagement d’abattoirs temporaires pour ovins agréés pour la durée de l’Aïd-el-Kebir peut être envisagé par un porteur de projet", explique le guide pratique institutionnel. "Certains sites temporaires existent et fonctionnent de façon optimale depuis désormais 10 ans", ajoute le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation.


En ce qui concerne leur nombre, il fluctue d'année en année. Selon les listes des abattoirs agréés pour la durée de la fête, publiées au Journal officiel, on compte effectivement 30 abattoirs cette année contre 36 en 2018. Ce nombre reste provisoire : on compte par exemple cette année au moins un abattoir mobile supplémentaire qui n'avait pas encore obtenu l'agrément obligatoire à la date de publication, soit fin juillet. A moyen terme, on observe également une légère tendance à la baisse : 30 en 2017, 49 en 2016, 36 en 2015 et 55 en 2013.


Comment l'expliquer ? Les rédacteurs du "guide pratique pour l'Aïd el-Kebir" (représentants du culte musulman, professionnels de l’ensemble de la filière et représentants des administrations concernées) nous livrent un élément de réponse : "Lors des travaux de constitution de ce guide, les représentants des abattoirs pérennes ont souligné que la plupart d'entre eux ne fonctionnait pas à plein pendant l’Aïd. Avant la mise en place d’un abattoir temporaire, il est essentiel de s’assurer que l’abattoir pérenne le plus proche et fonctionnant pendant l’Aïd est utilisé à plein au moment de la fête. Il ne sera pas nécessaire d’avoir recours à une installation temporaire - très coûteuse - si l’abattoir pérenne se trouve en capacité d’abattre un nombre de bêtes suffisantes sur trois jours." En 2018, une centaine de structures pérennes, des abattoirs ouverts toute l'année, proposaient leur services pour le sacrifice rituel.

Autre raison avancée : le "sacrifice par procuration", qui serait de plus en plus pratiquée. Cela consiste à donner procuration - en général à une ONG - pour qu’un sacrifice soit fait à sa place, conformément à la tradition. La viande est ensuite offerte à des populations dans le besoin. Le Secours islamique a ainsi opéré des distributions dans 14 pays en 2017, en France mais aussi en Birmanie ou encore en Syrie.


Dernière explication : la période de l'année. L'Aïd tombant en plein été, "une partie des Africains, et notamment des Maghrébins, fêtent l'Aïd au pays", reconnait Boudjema Hammache, le président de l'Union des associations musulmanes de Seine-et-Marne, à nos confrères du Parisien


Pour autant, il estime qu'en Ile-de-France, "le nombre d'abattoirs reste trop faible pour répondre à la demande de la communauté musulmane", composé de centaines de milliers de personnes. Seuls cinq abattoirs y ont été agréés dans la région, dont un mobile à Dugny. De 2013 à 2016, un abattoir mobile officiait à Trappes, avec une capacité de 1500 moutons. Des problèmes administratifs ont depuis empêché sa réinstallation, un vrai manque pour la communauté. "Cette année, la non-maîtrise du calendrier a empêché de peu la reconduite du dispositif. Le prestataire avait été contacté tardivement", indique Mohamed Kherroubi, le président du conseil des institutions musulmanes des Yvelines. D'autres régions sont mieux dotées, on en compte ainsi 13 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. 

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