Financer les commerces de son quartier : un récit utopique de "notre nouvelle vie" post-Covid

Financer les commerces de son quartier : un récit utopique de "notre nouvelle vie" post-Covid
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COVID-19 - Pendant le confinement, TF1 et LCI, en partenariat avec Bluenove et Sciences Po, ont lancé une consultation citoyenne pour réfléchir au monde d’après la crise sanitaire. Des Français se sont, dans ce cadre, livrés à un exercice d’écriture sur la vie post-coronavirus dont ils rêveraient. Voici l’un de ces récits utopiques.

A quoi rêvent les Français pour "le monde d’après" ? Pour savoir quels changements la crise sanitaire doit engendrer à leurs yeux, TF1 et LCI ont lancé, en partenariat avec Bluenove et Sciences Po, une consultation citoyenne du 27 avril au 5 juillet. Une initiative, "Notre Nouvelle Vie", qui a permis de recueillir plus de 62.000 contributions issues de plus de 5.700 participants, exprimant des préoccupations majeures comme la préservation de l’environnement, la transformation des modes de consommation ou l’évolution vers un modèle économique plus durable et responsable. 

Dans le cadre de cette grande consultation numérique, les participants étaient également invités à laisser libre cours à leur imagination pour inventer un récit fictionnel décrivant leur monde post-Covid idéal. Nous vous proposons d’en retrouver plusieurs, en commençant par celui de Susana, qui anticipe une société dans laquelle les citoyens se seraient détournés des banques au bénéfice de la finance alternative.

“2030, tous banquiers ?”

"Une société faite de banquiers ? N’importe quoi ! Il faut bien que quelqu’un travaille, cela n’est pas crédible, même pas dans un récit de science-fiction… D’accord, j’aime bien les exagérations, je ne peux pas m’en empêcher. Mais nous sommes bien en 2030 et la société a changé. J’ai financé ma boulangère, mon pizzaiolo, mon bar du coin. Car je crois en eux (et surtout car j’y vais souvent !). J’ai aussi financé une start-up qui fait des panneaux solaires qui sont comme une seconde peau, tous souples. J’avoue que je n’ai pas tout compris, mais ce n’est pas très grave, les porteurs de projet avaient l’air hyper motivés et ça se voit qu’ils veulent faire des choses bien pour la planète. Et non, ce n’est pas tout, j’ai également financé le réparateur de vélos qui vient d’ouvrir car on a bien compris que le vélo c’est le moyen de transport qui survit à toute crise, donc forcément un bon placement.

Mes voisins aussi ont financé pas mal d’activités du quartier, mais j’évite d’en parler pour ne pas m’énerver. Pourquoi ? Est-ce que vous aimeriez vos voisins s’ils préféraient la pizza à pâte épaisse et les bars où on ne sert que de la bière industrielle ? Bah voilà, vous me comprenez. Le seul intérêt c’est que du coup il y a deux pizzerias dans la rue et qu’il y a donc moins de queue quand j’ai une envie subite !

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Nous ne sommes donc pas tous devenus des banquiers. Mais nous sommes tous devenus des financeurs de nos commerces et services de proximité. Car nous avons découvert que les banques n’utilisaient pas notre argent de manière très éthique. Je sais bien que ce n’était pas vraiment une nouveauté, mais la prise de conscience globale n’a eu lieu que quand on a découvert ce qui était financé exactement et l’impact que cela a pu avoir sur les crises successives que nous avons vécues ces dernières années. Surtout la grosse crise de 2023, une vraie catastrophe celle-là. Des têtes sont tombées, les banques ont été obligées de changer leurs politiques de placement, de les rendre transparentes. Celles qui ne l’ont pas fait ont souffert de pertes colossales.

On a compris qu’on n’a pas besoin d’être riches pour être investisseurs, au contraire : on a compris que réserver l’investissement aux riches, c’est creuser les inégalités".- Susana

En parallèle, les gens ont commencé à chercher des alternatives. Et alors qu’on était plutôt en retard sur la finance alternative vis-à-vis des Anglais, des Allemands, des Américains… on est passé à la vitesse supérieure en un clin d’œil ! Des plateformes

d’investissement et de prêt comme We Do Good, Lita, Wiseed, Solylend, jusqu’ici plutôt utilisées par des investisseurs plus ou moins aguerris, ont été prises d’assaut. Tout le monde voulait que son argent soit placé à côté de chez soi. Certains commerçants ont même été harcelés pendant un petit moment car ils n’étaient pas encore présents sur une plateforme et ce n’était pas possible de les financer. C’était de la folie. Il y a eu quelques dérapages, mais on n’en parlera pas, ce n’est pas ça que l’Histoire retiendra. 

Allez dans la rue, posez la question à chaque personne que vous croisez. La majorité vous citera facilement 5 entreprises dans lesquelles elles ont placé de l’argent. Personne ne vous dira ne pas l’avoir fait. Car on a compris qu’on n’a pas besoin d’être riches pour être investisseurs, au contraire : on a compris que réserver l’investissement aux riches, c’est creuser les inégalités. Elles vous diront que la démocratisation de l’investissement a été un tournant dans leur vie, pas uniquement au niveau financier, mais en tant que citoyens et acteurs de la vie économique locale. Elles sauront aussi vous citer les règles pour limiter ses risques car les plateformes ont joué un rôle qui aurait dû être joué par l’État et les écoles bien avant : celui de l’éducation financière de base. 

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Et voilà, tout ça m’a donné envie d’une bonne pizza. Je vous invite, si vous voulez. J’imagine que c’est toujours difficile pour vous de le croire, mais ça me fait travailler mes placements ! Pas bête, hmm ?"

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