Flixbus : après des accidents, la sous-traitance en question ?

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TRANSPORT - En moins d'un moins, deux accidents impliquant des cars Flixbus ont fait un mort et 50 blessés. Les causes de ces accidents ne sont pas connues, mais un élu syndical d'une compagnie sous-traitante dénonce dans Le Parisien un non-respect fréquent de la réglementation. Contacté par LCI, Flixbus dit ne pas pouvoir tout contrôler mais dit vouloir plus de "transparence".

Avec deux accidents majeurs en moins d'un mois, la sécurité des transports en autocars peut-elle être mise en doute ? Un élu syndical a en tout cas exprimé des inquiétudes dans Le Parisien, lundi, après ces deux accidents successifs qui ont causé un mort et dix-sept blessés dans l'Aude le 6 octobre, puis 33 blessés dont 4 graves dans la Somme le 3 novembre.

Les cars impliqués dans ces accidents sont des cars Flixbus (qui a récemment racheté Eurolines et Isilines), mais cette compagnie allemande est basée uniquement sur la sous-traitance et ne possède donc aucun véhicule ni n'emploie de chauffeur. Le seul concurrent de Flixbus en France, BlaBlaBus (qui a récemment racheté Ouibus), repose également sur ce fonctionnement, qui a fait l'objet de critiques.

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Hyper-concurrence et grosse pression

Sans évoquer ces deux récents accidents d'autocar, le chauffeur Abdelhamid Fertas, élu Force ouvrière (FO) au CSE de la société France Ligne Express - sous-traitante de Flixbus - affirme dans Le Parisien que la pression qui s'exerce sur les conducteurs met en danger ces derniers ainsi que leurs passagers. Il est rejoint par d'autres responsables syndicaux du secteur, qui craignent qu'un contexte "très concurrentiel" pousse les entreprises à rogner la sécurité.

"Quand je suis arrivé dans cette compagnie, en juin 2018, explique Abdelhamid, on m'a rapidement demandé de faire des allers-retours de jour, en plus de ceux que je faisais la nuit. Comme j'étais en CDD, je n'ai pas osé dire non", affirme notamment le chauffeur. En septembre 2018, dans Libération, des chauffeurs Ouibus et Flixbus racontaient déjà comment la guerre des prix et des horaires entre les deux mastodontes du marché entraînaient une "pression très intense au profit de la sous-traitance" et le sentiment d'être coincé entre ces exigences et celles des clients.

"Fatigue", "dépression", "pétage de câble"... Cette usure, affirmaient alors les conducteurs, intervient même si le cadre légal était respecté. Ce cadre impose notamment aux chauffeurs d'observer 45 minutes de pause toutes les 4h30 de conduite et 45 heures de repos entre deux vacations hebdomadaires.

Flixbus affirme vouloir consulter les "disques" de ses chauffeurs, sans que la législation le lui permette

Contacté par LCI, Flixbus dit être favorable à une augmentation des contrôles de la part des pouvoirs publics, et affirme imposer à ses sous-traitants de respecter la réglementation en vigueur. La compagnie plaide également pour pouvoir consulter les chronotachygraphes (les "disques" qui enregistrent les temps de conduite) des chauffeurs de ses sous-traitants, mais affirme que la législation actuelle l'en empêche. Cependant, dans Le Parisien, un chauffeur affirme sous couvert d'anonymat qu'il "n'est pas très compliqué de les tromper".

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