Frontières poreuses, quartiers défavorisés... pourquoi la situation en Guyane est préoccupante

Frontières poreuses, quartiers défavorisés... pourquoi la situation en Guyane est préoccupante
Population

PROPAGATION - L'épidémie de Covid-19 continue de progresser activement en Guyane, avec un nombre de cas passé de 500 à 2 800 en à peine vingt jours. Une progression causée par sa proximité avec le Brésil mais aussi par le manque de moyens et de protections mis à disposition des populations défavorisées.

Malgré la mise en place de mesures strictes et d'un couvre-feu à Cayenne, la situation en Guyane est toujours aussi préoccupante. En vingt jours, le nombre de personnes contaminées est passé de 500 à plus de 2800, alors que le pic de l'épidémie de Covid-19 est attendu mi-juillet. Si à ce stade un reconfinement généralisé est exclu, les hôpitaux du département ont déjà reçu le renfort de 17 soignants de la réserve sanitaire, et d'autres équipes doivent prochainement arriver de métropole. 

Cette progression spectaculaire de l'épidémie en Guyane est notamment causée par ses frontières poreuses avec le Surinam et surtout le Brésil, pays fortement touchés par le virus. De nombreux habitants viennent du Brésil voisin pour travailler ou se faire soigner, quand d'autres effectuent des traversées fréquentes entre la Guyane et le Surinam, des voyages difficiles à contrôler.

Le problème des cas importés

Une problématique pointée du doigt par la maire Saint-Laurent-du-Maroni, Sophie Charles : "Aujourd’hui, ce qui est plutôt aggravant sur notre territoire, ce sont toutes les personnes qui arrivent du Brésil, qui passent par le Surinam, et qui vont sur les sites d’orpaillage illégaux et qui sont souvent contaminées, et qui ramènent sur le territoire de l’ouest guyanais, ces cas importés de Covid-19."

Pour tenter de sensibiliser la population, dont certains vivent dans des quartiers défavorisés, Médecins du monde propose des consultations Covid gratuites. "Le problème c’est la capacité de ces populations à vraiment mettre en pratique les prescriptions qu’on leur donne, pour essayer d’endiguer cette épidémie de Covid" explique Lisa Cann, chargée de projet chez Médecins du monde en Guyane.

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Des consignes qui ont du mal à être suivies car la plupart des personnes concernées ont un besoin vital de sortir et d'aller travailler, pour subvenir à leurs besoins. "Si on sort pour travailler, on risque de se faire contaminer, mais si on ne sort pas pour travailler, on meurt de faim", constate un des habitants de Cayenne. 

Si les associations redoublent d'énergie pour aider les populations en difficulté et leur fournir les protections nécessaires, le couvre-feu a quant à lui été renforcé. L'état d'urgence sanitaire et les mesures d'aides financières ont quant à elles été prolongées au moins jusqu'à la fin du mois d'octobre.

Girardin "réservée" concernant un reconfinement

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De son côté, la ministre des Outre-mer Annick Girardin a émis des réserves sur un "reconfinement" de la Guyane, au terme de  sa visite en Guyane. Le "reconfinement" de la Guyane "est la mesure qui nous permettrait de freiner le plus fortement la progression du virus à condition que la population l'accepte et le mette en oeuvre, ce qui n'est pas certain", a-t-elle déclaré devant la presse à Cayenne mercredi soir, avant d'ajouter : "C'est aussi une mesure lourde de sens, avec un coût social qui ne doit pas être sous-estimé."

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