Gel absorbant et nettoyeurs très haute pression : voici comment vont être dépollués les abords de Notre-Dame

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DÉPOLLUTION - La décontamination du plomb autour de Notre-Dame commencent ce mardi pour plusieurs semaines. Gel, nettoyeurs haute pression, tenues de protection... On vous explique comment va se dérouler cette dépollution du plomb, inédite à cette échelle.

C'est parti pour le grand nettoyage, enfin presque. A compter de ce mardi et pendant deux jours, les ouvriers du chantier de décontamination de Notre-Dame travaillent sur l'isolement des alentours de la cathédrale. Les travaux de dépollution ne commenceront réellement que dans deux jours soit le jeudi 15 août. L'accès au parvis de Notre-Dame ainsi qu'à la rue de la Cité est quant à lui fermé depuis lundi soir afin de procéder à sa décontamination. Des techniques de déplombage bien spécifiques vont être mises en place près de quatre mois après le terrible incendie qui a ravagé la cathédrale et propagé près de 400 tonnes de plomb. Voici les détails : 

Du gel absorbant sur les bancs et les lampadaires

Première étape : l’absorption des particules de plomb. Pour ce faire, deux procédés vont être mis en oeuvre. "La difficulté avec Notre-Dame c’est que ça n’est pas une intervention classique. Il ne s’agit pas là de remplacer un support. C’est du nettoyage d’éléments contaminés", explique Julie Lesage, responsable technique dans une entreprise de déplombage et de désamiantage. Le plomb s'enfonce notamment dans des sols poreux comme l’asphalte, présent autour de la cathédrale et rendant de ce fait l’opération de dépollution complexe. "Le plomb rentre profondément à l’intérieur, il s’incruste dans les petits interstices", précise Julie Lesage. Face à ce cas complexe, deux méthodes ont donc été retenues par l'Agence régionale de santé (ARS) et la Ville de Paris. 

 

Il y a d’abord l’installation d’une couche de gel absorbant, une technique "assez récente" selon Julie Lesage, qui va être appliquée sur le mobilier urbain comme les bancs et les lampadaires situés autour de Notre-Dame. Une couche absorbante qui séchera ensuite pendant trois jours puis sera retirée progressivement, ce qui devrait prendre au moins cinq jours. 

"Combinaisons blanches, masques et bottes étanches"

Vient ensuite l’utilisation de nettoyeurs à ultra-haute pression qui projetteront de l'eau avec du détergent aux propriétés tensioactives sur le parvis de Notre-Dame ainsi que sur le sol des rues proches de la cathédrale à savoir la rue de la Cité et le début de la rue d'Arcole. Ce détergent sera par la suite aspiré et récupéré. Une méthode qui ne se fera pas en un jour mais qui reste plus rapide et immédiate à la différence du gel. Après ces opérations, un contrôle de leur efficacité devra être opéré.


Les personnes en charge de ces opération de déplombage seront munies d’un équipement “similaire à celui des désamianteurs, explique Julie Lesage : "combinaisons blanches, masques à ventilation assistée et cartouches, bottes étanches avec sur-chaussures." Une tenue pour le moins atypique. À cela s’ajoute l’installation de deux vestiaires séparés par une douche, un SAS de décontamination ainsi qu’un suivi particulier des agents de nettoyage notamment via la plombémie permettant la mesure du taux de plomb présent dans le sang. 

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Reprise du chantier à parti du 19 août

Après l’absorption des particules de plomb vient leur traitement. Tout comme les méthodes de retrait, la gestion des déchets faisant suite au déplombage est elle aussi encadrée. "C’est une procédure très stricte. Ils doivent être envoyés dans des décharges habilitées à prendre en charge ces déchets", précise Julie Lesage. 

 

Emballés dans des sacs spéciaux par la société en charge des travaux de nettoyage, celle-ci doit obligatoirement déposer une demande d’acceptation préalable auprès d’un centre de traitement des déchets dangereux. Afin de la justifier, le producteur du déchet doit en théorie fournir au centre de traitement envisagé un échantillonnage représentatif des déchets. Ces derniers seront ensuite soit stabilisés (décontamination), soit enfouis sur un site de stockage. 

 

Durée estimée des travaux de nettoyage : 3 à 4 semaines réparties en trois phases successives. La reprise du chantier de Notre-Dame, elle, aura progressivement lieu à partir du 19 août, soit une semaine après la date initiale. Enfin mauvaise nouvelle pour les touristes, le parvis et les rues aux alentours de la cathédrale vont être totalement fermés à la circulation jusqu’au 23 août. Un calendrier qui reste incertain en raison de la météo,celle-ci pouvant retarder les opérations de décontamination. 

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