Gilets jaunes et anti-masques : ce qui les rassemble, ce qui les éloigne

Gilets jaunes et anti-masques : ce qui les rassemble, ce qui les éloigne
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CONVERGENCE ? - Deux ans après le premier acte, les Gilets jaunes espèrent signer samedi 12 septembre un retour massif avec le renfort des "anti-masques". Mais ont-ils réellement le même combat ?

Les anti-masques vont-ils grossir les rangs des Gilets jaunes ce samedi ? La question se pose tant dans leurs appels à manifester ce samedi 12 septembre, publiés sur des groupes Facebook de Gilets jaunes, la dénonciation de l’obligation du port masque s'exprime parmi les revendications habituelles : "ARRÊTONS LA #MASCARADE ! NON au masque permanent, et encore moins pour nos enfants !" écrit dans un communiqué Force Jaune France

De même, des figures du mouvement ont clairement exprimé leur scepticisme sur le port du masque obligatoire comme Maxime Nicolle et lors d'une manifestation anti-masques à Paris le samedi 29 août, ayant réuni entre 200 à 300 personnes pour dénoncer le port obligatoire du masque aux cris de "liberté, liberté !", quelques gilets jaunes étaient présents. 

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Le grand retour des Gilets jaunes s'accompagnera-t-il des anti-masques ?

Les slogans sur la fin du mois et sur le port du masque vont ils se rejoindre désormais ? "Il y a de réelles différences entre les deux même s'il s'agit d'un conglomérat de sensibilités, constate le sociologue Remy Oughiri, contacté par LCI. Les Gilets jaunes et les anti-masques se rejoignent dans leur refus de se laisser dicter la loi par l'Etat. Et pour les anti-masques, le port du masque obligatoire est une mesure considérée comme liberticide. On retrouve dans les deux mouvances cette idée que les experts comme les élites nous imposent des choses allant à l'encontre des libertés. Sur ce terrain, ils peuvent se rejoindre". En revanche, poursuit-il, "les anti-masques ne sont pas du tout sensibles à la question économique et ne ressentent pas le déclassement social."

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Seuls 20% des personnes 'anti-masques" faisaient partie du mouvement "Gilets jaunes" selon une étude

Antoine Bristielle, chercheur en sciences sociales ayant scanné le profil des anti-masques dans une étude publiée le 7 septembre par la Fondation Jean Jaurès, confirme que l'alliance entre Gilets jaunes et anti-masques n'est pas si évidente : "Les anti-masques sont une catégorie tout à fait à part, indépendante également du mouvement des gilets jaunes : seuls 20% des personnes interrogées faisaient partie de ce mouvement, explique-t-il sur Public Sénat. Selon l'étude, ils seraient en majorité diplômés, complotistes, plutôt à droite et surtout des femmes. Et 60% disent avoir soutenu le mouvement des Gilets jaunes sans y avoir participé directement. 

En d'autres termes, les anti-masques constituent une "sphère de défiance autonome", moins dans les rassemblements que les Gilets jaunes et s'organisant essentiellement sur les réseaux sociaux. "Ce n’est pas le profil des personnes qui se mobilisent traditionnellement, précise le chercheur dans l'étude. On peut expliquer cette mobilisation par le fait que ces personnes, de par leur capital culturel et économique, se jugent plus compétentes, et pensent qu’elles ont plus de légitimité à intervenir sur ce sujet."

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Pour schématiser, les Gilets jaunes sont plus ancrés à gauche et le mouvement anti-masque plus marqué à droite. Reste une icône en commun, Didier Raoult : "Il y en a quasiment neuf sur dix qui ont une plutôt bonne opinion du professeur Raoult sur ces groupes Facebook anti-masques", confirme le chercheur à la Fondation Jean Jaurès. "Et puis lorsqu’on leur demande ‘est-ce que vous pensez que chacun devrait être libre de choisir s’il veut être traité à l’hydroxychloroquine’ ?, il y en a 98 % qui sont d’accord avec cette affirmation." 

Pour le sociologue Remy Oudghiri, il ne fait aucun doute que "Didier Raoult est celui qui a le courage de s'opposer à la parole d'Etat indexée sur la parole médicale. Il fait partie de ces figures sulfureuses. Dans le mouvement des Gilets jaunes, il y a l'envie de provoquer, le goût de la joute verbale, de l'opinion sans filtre sur les réseaux sociaux. Raoult ne prend pas de gants, ne s'embarrasse pas des protocoles, s'exprime à l'encontre des institutions et c'est ce qui séduit également les anti-masques." La question de la liberté et la défiance à l'égard du gouvernement se révèlent donc des points communs pouvant expliquer le pacte probable entre Gilets jaunes et anti-masques. 

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La colère des Gilets jaunes

 A noter que d'autres catégories devraient également manifester aux côtés des Gilets jaunes ce samedi, des chauffeurs de VTC ainsi que des patrons de discothèques qui se plaignent de ne pas pouvoir rouvrir.

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