Grand débat national : en quoi consisterait le "stage de pauvreté" qui divise les élus ?

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Le 20h

STAGE - Critiqués depuis le début du Grand débat national, les élus de tous bords sont considérés comme déconnectés et incapables de comprendre les Français. Des associations ont proposé des stages de pauvreté afin de les immerger au sein des plus défavorisés.

Est-ce possible de connaître la vie des gens les plus démunis ? Beaucoup d’élus sont pointés du doigt depuis le début du Grand débat national par les Français en ce qu'ils seraient éloignés des préoccupations d’une grande majorité d'entre eux. Des associations de lutte contre la pauvreté ont interpellé le ministre du Logement Julien Denormandie à la tribune du Conseil économique et social. Ils veulent un stage destiné aux élus pour leur faire comprendre ce qu’est vraiment la pauvreté. "On leur explique, mais il faut qu’ils le vivent. S’ils ne le vivent pas, c’est très très difficile de s’en apercevoir et le comprendre", déplore Guy Peta délégué national de l’Armée du salut.

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L’idée ? Passer plusieurs jours plongés dans cette précarité. Et les associations proposent déjà des éléments concrets : une période d’immersion de quinze jours dans un centre d’accueil pour sans domicile fixe, dans un lieu d’accueil de jour, un lieu de distribution alimentaire ou bien encore participer à des maraudes.

Les élus divisés

Mais qu’en pense-t-on à l’Assemblée nationale ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que la proposition divise. "C’est quoi cette idée farfelue encore ?", tempête un élu. "Il n’y a pas de problème. Si c’est obligatoire, je ferai ça volontiers…" annonce un de ses collègues.

Députée depuis deux ans, Delphine Bagarry est médecin de formation. Elle dit avoir encore beaucoup de choses à apprendre. "On nous demande de nous exprimer sur tout, tous les sujets. Or, on n’est pas experts sur tout. Pour être expert, il faut aller à la rencontre des personnes compétentes".

Député LaRem du Rhône, Bruno Bonnell est un farouche opposant à cette proposition. Il estime que sa profession de chef d'entreprise le connecte suffisamment à la réalité. "Qu’est-ce qui vous dit que je n’ai jamais fait de maraude ? Qu’est-ce qui vous dit que je n’ai jamais fait de centre d’hébergement ? Qu’est-ce qui vous dit que je n’ai jamais été confronté à ça ? Simplement, quand je le fais, je ne le mets pas dans les journaux". Pour le moment, l’idée a plutôt bien été accueillie par le gouvernement. La proposition devrait être versée au grand débat.

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