"En ce moment, je ne chauffe pas" : rencontre avec trois mères célibataires et précaires

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POUVOIR D'ACHAT - Dans le Grand format de ce 13 décembre 2018, nos journalistes ont suivi trois mères célibataires vivant dans l'Hexagone, alors que le mouvement des Gilets jaunes autour du pouvoir d'achat se poursuit dans le pays.

Sur tout le territoire, on compte près de deux millions de mères célibataires. Celles-ci ont souvent du mal à boucler leur fin du mois. Elles étaient nombreuses parmi les Gilets jaunes. Nos journalistes sont allés à la rencontre de trois de ces femmes. Ils nous parlent de leur quotidien et leurs difficultés.

Agée de 46 ans, Sandrine est secrétaire et enchaîne les missions d'intérimaires à Bordeaux. Une activité professionnelle difficile à vivre quand on élève une fille de 12 ans. L.es horaires, notamment, sont une source de complication : "On ne peut pas accepter n'importe quoi quand on est une mère qui est toute seule. On ne peut pas faire ce qu'on veut. Je ne peux pas travailler le week-end, ni travailler jusqu'à 20h. J'ai besoin d'avoir des horaires de bureaux, souples." Les revenus de Sandrine s'élèvent à 1200 euros par mois, dont 300 euros de pension alimentaire. Une fois l'eau, l'électricité et le loyer (450 euros par mois) réglés, il lui reste bien peu pour se vêtir et se nourrir. Le versement de 100 euros supplémentaires pour les revenus équivalents au Smic à temps plein n'y changera pas grand chose. 


Ses efforts se portent sur des économies drastiques, par exemple le chauffage. "En ce moment, je chauffe pas. Là, on doit être à 15 ou 16°. Si je mets le chauffage, c'est 50 euros de plus par mois." Les dépenses de santé sont pareillement réduites. "Je n'ai pas de mutuelle. Donc s'il m'arrive quelque chose... c'est quand même grave, aujourd'hui, de ne pas pouvoir se payer une mutuelle tout en travaillant."

Taxe d'habitation à 250 euros, malgré le RSA

Aurélie, 44 ans et deux enfants, habite Libourne et est en recherche d'emploi. "Je ne peux pas être malade, il faut être là pour les enfants. En même temps, je ne peux pas me décourager. C'est l'instinct maternel : on y va, on fonce et on se dit qu'il y aura sûrement un jour meilleur." Ancienne assistante commerciale en région parisienne, elle avait atterri en 2016 dans la région, sa situation personnelle lui permettant de s'installer confortablement. Mais son entreprise a déménagé et Aurélie a décliné l'offre de mutation qui lui avait été faite, et n'a jamais retrouvé d'offre correspondant à son profil. Aujourd'hui, elle vit avec le RSA : "Je touche 500 euros, et malgré ça, j'ai reçu une taxe d'habitation à payer de 250 euros, redevance télé incluse. Comment voulez-vous, avec deux enfants, pouvoir payer une telle somme ?"


Hélène, 51 ans, a créé son entreprise dans la vente de légumes, dans le cadre d'un plan de reconversion. Mère de deux étudiantes, elle ne se paie que 600 euros par mois pour l'instant. Elle comprend les Gilets jaunes, mais se contente de les croiser. "Des petits trajets comme ça, j'en fait trois fois par semaine, pour aller chercher des légumes dans une épicerie en vrac." Elle a changé sa manière de consommer pour économiser. "J'allais X fois chez mon boucher en lui demandant : j'ai 20 euros, qu'est-ce que je peux acheter qui me durera deux ou trois jours ?" Montrant ses cagettes de légumes, elle explique : "Ça, ça a été coupé ce matin, les gens vont pouvoir les garder quelques jours et ils seront toujours beaux. Donc on a pas de perte, et si on a pas de perte, on gagne des sous."


Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 13/12/2018 présenté par Gilles Bouleau sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 13 décembre 2018 des reportages sur l'actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français.

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