Un boom des ventes de vélo avant le 5 décembre ? "Il y a une demande massive et une inquiétude latente"

Un boom des ventes de vélo avant le 5 décembre ? "Il y a une demande massive et une inquiétude latente"
Population

TOUS EN PISTE CYCLABLE - Face aux mouvements de grève du jeudi 5 décembre, les franciliens se préparent à saisir des alternatives en termes de moyens de transport. Parmi elles, le vélo qui a le vent en poupe, comme en témoignent les boutiques parisiennes que nous avons sollicitées.

Comment éviter la pagaille annoncée ? Le jour de mobilisation massive contre le projet de réforme des retraites, lancé par les syndicats de la RATP et étendu à la SNCF, aux avocats, au personnel aérien, et même aux policiers, incite chaque francilien à prendre des précautions pour se rendre sur son travail de la façon le plus efficiente possible. 

Parmi les recommandations simples et pratiques, se trouvent trois options permettant de laisser de l’espace dans les rares trains à ceux qui en ont impérativement besoin : le télétravail, le covoiturage et… le vélo. A fortiori quand vous êtes à Paris où fleurissent de nombreuses pistes cyclables. 

Lire aussi

Une mobilité douce et sportive s'imposant comme une solution contre l’immobilisation donc mais aussi contre la pollution et qui, à en croire certains, se révèle une option réellement envisagée. "Il y a une demande massive, je dirais même qu’il y a une inquiétude latente", nous confie un vendeur de Culture Vélo, un magasin de vélos situé à Paris dans le XIIe arrondissement. Comme si les gens redoutaient d'être paralysés.

"Plus la date fatidique arrive, plus je note une réelle progression des ventes, on a fait entre 20 et 30% en plus sur notre chiffre d'affaires. La grève impacte les gens de manière négative et du coup, ils nous posent beaucoup de questions, notamment quel vélo serait le plus efficace par exemple pour se déplacer entre les voitures, contourner les camions… Ils redoutent vraiment d'être bloqués." Une alternative souhaitée même si, comme l'avouent certains salariés prêts à se remettre en selle sur les réseaux sociaux, la crainte de l’accident ou de l’accrochage revient fréquemment.

Voir aussi

Pas de rupture de stock prévue

Autre cas de figure constaté par le vendeur de Culture Vélo : l'anticipation d'un achat de vélo. En d'autres termes, ceux qui voulaient se mettre en vélo l’année prochaine, qui envisageaient l’achat pendant les fêtes le précipitent avec l'actualité. "Bien sûr, certains clients se rendent dans le dessein de se procurer un moyen de locomotion, peu importe la qualité au fond... mais nombreux sont ceux qui, de leur propre aveu, souhaitaient se mettre au vélo incessamment. Du coup, ils passent le cap plus tôt. La grève devient vraiment l’occasion qui fait le larron."  

Une incitation qui devance même, selon le vendeur, la prime écologique souhaitée par Valérie Pecresse, cette aide plafonnée à 500 euros destinée à tous les Franciliens pour l'achat d'un vélo électrique qui, selon la présidente de la région et d’Île-de-France Mobilités, devrait voir le jour "à partir du 20 février 2020, et devrait durer jusqu'à fin juin" et qui, à l’avenir, devrait inciter de plus en plus de gens à s’y mettre. 

On a ce qu’il faut en magasin pour répondre à toutes les demandes, même le fameux jeudi noir- Un vendeur de Culture Vélo

Ailleurs, dans d'autres magasins de vélo, émane la même effervescence. Interrogé par L'Express,  Véloparis, dans le XVIIIe arrondissement de la capitale, assure que la trentaine de vélos disponible à la location devrait être réquisitionnée par les clients la semaine prochaine. De même, chez Véligo, l'un des services de locations de la région Ile-de-France, la communication confirme avoir noté "une anticipation de certains Franciliens avec une augmentation de 25% des souscriptions depuis deux semaines". 

De là à craindre, avec ce boom, un manque de vélos disponibles dans la capitale ? "On a pris nos dispositions pour ne pas être en rupture de stock, la grève étant prévue depuis au moins deux mois", rassure le vendeur de Culture Vélo. "On a ce qu’il faut en magasin pour répondre à toutes les demandes, même le fameux jeudi noir." De toute façon, si rupture de stock il y a, comptez sur certaines bonnes volontés sur les réseaux enclins à l’entraide...

Ressortir le vélo du grenier

Cette recrudescence s'avère également confirmée à LCI par un vendeur de L’hirondelle, une boutique de vélo située dans le XVe arrondissement. "On a effectivement eu des clients venus uniquement à la faveur des grèves", confirme-t-il. "On a ainsi beaucoup vendu ces derniers jours des vélos de ville à vitesses, parfois même des vélos électriques demandant quand même un budget plus conséquent." 

"Mais cette hausse significative de l’affluence s’accompagne aussi de fortes demandes au niveau de l’atelier pour des réparations de vélos déjà achetés", poursuit-il. "En fait, certains ressortent leur vieux vélo du grenier pour que nous le réparerions. Comme nous prévoyons un délai de un mois pour les réparations, les clients se sont manifestés très en amont, en prévision de la grève et des difficultés en transport en commun. Ils veulent remettre à neuf leurs anciens vélos pour les utiliser à nouveau et à mon sens, c'est bon pour le vélo tout court. Cette remise à jour peut même d'ailleurs être, je pense, un déclencheur pour y reprendre goût."

Egalement contacté par LCI, le service presse de Décathlon ne note pas, de son côté, une hausse significative à ce stade pour des acquisitions de vélos comme de trottinettes en lien avec la grève du 5 décembre et précise par mail que l'ensemble de leurs gammes "mobilité" ne souffre d’aucune rupture de stock. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter