Grève du 5 décembre : les courses en VTC atteindront-elles à nouveau des prix astronomiques ?

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Les grèves de décembre 2019 contre la réforme des retraites

(SUR)COÛTS - Avec un trafic qui s'annonce très perturbé, les usagers de la RATP sont nombreux à envisager de prendre une voiture de transport avec chauffeur (VTC) afin de se rendre au travail. Mais avec la politique de majoration des courses en fonction de la demande, les prix vont-ils augmenter drastiquement ?

Des courses atteignant trois voire quatre fois le prix normal. Pour éviter le fiasco qu’avait connu le secteur du VTC le 13 septembre dernier, avec des prix devenus astronomiques, Elisabeth Borne dit avoir demandé aux acteurs de ce marché de ne pas majorer "exagérément" les courses. Invitée de LCI mercredi 4 décembre, la ministre des Transports a même estimé que, malgré leurs "algorithmes", ses interlocuteurs semblaient avoir "entendu ce message". 

Contacté par LCI, les leaders de ce marché nous ont confirmé avoir été conviés au ministère et pris leurs dispositions pour empêcher la gonflette des prix.  

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L'amer souvenir de la dernière grève

Car lors du dernier mouvement social à la RATP, c’est avec stupéfaction que les Parisiens avaient découvert que le prix d’un trajet en VTC était excessivement élevé. Un journaliste de LCI avait, par exemple, vu sa course coûtant habituellement une trentaine d’euros (à cette heure-ci) atteindre 99,75 euros sur l’application Kapten, la majoration représentant plus du double du prix de base. Un coût un peu moins élevé sur l’application Uber, qui passait de 20 à 54 euros, mais dans laquelle on découvrait que le code réduction, mis en place avec la RATP pour l’occasion, ne fonctionnait plus au bout de quelques heures.   

Assumant une erreur quant à la mise en place d'un code promotionnel, qui "augmentait la demande sans que les chauffeurs ne soient au rendez-vous", Uber nous explique sa nouvelle stratégie. "Forts de cette expérience, nous avons mis en place une incitation pour les chauffeurs, car il est là le cœur de l’action." Ainsi, la "tarification dynamique", entendez par là la fluctuation des prix en fonction de l’offre et de la demande, ne devrait pas être "trop élevée" si les chauffeurs se mobilisent sur la route.   

Mise en place d'un "bonus" côté Uber

Alors comment les "encourager" à prendre la voiture malgré "des conditions de circulation très pénibles" et une journée qui s’annonce "stressante" ? Pour la première fois, les équipes françaises d'Uber ont mis en place une "compensation" financière avec un "bonus directement financé" par l'entreprise. 

"On ne peut pas savoir par avance qui sera présent, mais on les a informés que différents bonus existaient, comme celui d’un versement au bout d’un certain nombre de courses." Existera-t-il une limite en termes de multiplication des majorations, comme l'a avancé la ministre ? Non, répond l’entreprise, qui reste "confiante" sur la capacité d'incitation de son dispositif. "Nous avons constaté que, dès qu’on prenait ce type d’initiatives, le prix était suffisamment intéressant pour les chauffeurs et abordable pour les usagers."

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Des majorations plafonnées chez Kapten

Du côté de Kapten, la stratégie est un brin différente. Ses VTC ayant été pointés du doigt en septembre, leurs courses atteignant parfois une centaine d’euros, du fait de l'explosion des demandes, la plate-forme française s’est assurée que les conducteurs répondront à l’appel. Grâce à un questionnaire interne, elle est arrivée à la conclusion que "80% des chauffeurs" de cette " flotte de 25.000" voitures travailleront le 5 décembre. 

Au-delà de simplement s’assurer que cet "équilibre" entre offre et demande existera bien demain, Kapten veut aussi "encourager" les Franciliens à anticiper leurs déplacements afin de ne pas subir la majoration, en réservant à l’avance. Et ainsi profiter d’un prix qui reste "fixe". En prévision, l’entreprise a "mis à disposition 15.000 créneaux de réservations anticipées par jour", soit le double par rapport au 13 septembre. Et si le chauffeur annule au dernier moment ? Ce cas n'est pas traité. Mais Kapten se montre assurant, notamment parce que le nombre de cas où cela se produit est "inférieur à 1%" des commandes et que dans un tel cas, "l'équipe régulateurs réagit en trouvant une nouvelle voiture disponible" ou rembourse "automatiquement" les frais. 

Mais c'est dans la gestion du plafonnement des prix que l'ancien "Chauffeur Privé" prend ses distances avec son concurrent. Limitées, on nous assure que les majorations ne pourront jamais dépasser trois fois le prix habituel, une somme qui sera quoi qu'il arrive '"exceptionnelle". Dans le cas où celle-ci serait plus élevée, l’entreprise ne veut cependant pas en faire pâtir les chauffeurs qui ont besoin de ce gain supplémentaire pour avoir envie de prendre la route. Ce sera donc Kapten qui prendra en charge la différence dans le cas où il y a eu une réservation. Une promesse qui pourrait bien ne pas engager l'entreprise, puisque, le 13 décembre, la plupart des dépassements n'avaient guère dépassé le triple du prix.

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