D’où viennent ces pancartes bleues, jaunes et rouges dans les cortèges ?

D’où viennent ces pancartes bleues, jaunes et rouges dans les cortèges ?

L’ÉTERNEL RÉVOLTÉ - A chaque manifestation, la même pancarte : un slogan écrit en lettres capitales et colorées, du bleu, du rouge, parfois du vert, avec des coins peints en jaune. Derrière cette affiche reconnaissable entre toutes, un homme qui a fait de la lutte sociale sa raison de vivre.

Vous les avez sans doute déjà repérées, ces gigantesques affiches colorées. A chaque manifestation - quel qu'en soit le thème, - une pancarte de plus d'1m² émerge au-dessus de la foule. "People rise up" nous invectivait-elle en 2016 lors du conflit autour de la loi travail, "ni expulsions, ni travaux, ni aéroport" scandait une autre à Notre-Dame-des Landes, "Stop crimes violences contres les femmes" pouvait-on lire plus récemment lors de la manifestation parisienne contre les violences faites aux femmes. On en a même aperçu en Espagne, en Angleterre ou encore en Allemagne.

Sans surprise, nous en retrouvons au milieu de la foule de manifestants venus dans la capitale pour s'opposer à la réforme des retraites ce jeudi 5 décembre. "Voici les casseurs", dénonce-t-elle, en dévoilant des images de Castaner, Lallement, Macron ou encore Lemaire.

Ces slogans écrits en lettre capitales en rouge, bleu, vert et noir, avec une pointe de jaune, ne sortent pas d'un atelier de pancartes militantes, ni même d'un groupe d'activistes chevronnés. Ces pancartes sont brandies par un seul et même homme, Jean-Baptiste Redde, plus connu sous son nom d'artiste Voltuan. Un homme de toutes les luttes.

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Voltuan bat le pavé "depuis toujours", il ne sait pas à quand remonte sa première pancarte, mais nous confie que tout a commencé "sur un coup de tête". "Je suis très grand, je fais 1m92, donc j'ai une grande envergure de bras", nous raconte-t-il amusé. Ce support, il le savait, serait visible, même si à la longue "cela fait quand même mal aux bras". Avec lui, il espère "montrer aux gens qu'il faut se mobiliser". "Face à l'urgence sociale, démocratique et écologique, on ne peut pas rester chez soi sur son canapé", lâche-t-il. Son engagement est devenue sa raison de vivre.

Cet ancien instituteur a participé à toutes les mobilisations sociales, de la défense d'Adama Traoré aux marches pour le climat, en passant par la défense des salariés de Goodyear, à une exception près : "La Manif pour tous". Pour lui, c'est une évidence : "tout ces combats sont liés, le monde ne va pas bien, beaucoup trop de gens souffrent". La manifestation de ce 5 décembre en est le signe : "On parle principalement des retraites, mais les gens sont dans la rue aussi pour les salaires, la sauvegarde des services publics. Il y a une vraie colère contre nos dirigeants", analyse ce Gilet jaune de la première heure.

La solution est pour lui à portée de main : "La solidarité peut sauver le monde". Il l'affirme d'ailleurs, il n'agit pas seul, c'est ensemble, avec d'autres "révoltés" comme lui qu'il espère faire la différence. Lui qui vit dans le nord de la Bourgogne, près d'Auxerre, peut compter sur des militants et ses nombreuses rencontres pour l'héberger. Il faut dire qu'il vit de peu depuis qu'il a arrêté d'exercer son métier d'instituteur en 2011, pour s'engager à plein temps dans le militantisme. Cette nuit, c'est dans l'appartement du journaliste Hervé Kempf qu'il a dormi. C'est même là qu'il a réalisé son affiche. Des amis, il en a aujourd'hui beaucoup, qu'il aime lister à l'envie :  l'écologiste Julien Bayou, le lanceur d'alerte Antoine Deltour, l'actrice Eva Darlan, le journaliste Edwy Plenel ou encore Céline Boussié, engagée contre la maltraitance des enfants. 

Pour illustrer son combat, Voltuan cite Théodore Monod : "on a tout essayé sauf l'énergie de l'amour". "J'ai dit cette citation à Nicolas Hulot, quand je l'ai rencontré, ajoute-t-il et il m'a répondu 'c'est une énergie éternellement renouvelable'". Un beau slogan qui pourrait un jour s'afficher sur une de ses prochaines pancartes.

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