Grippe espagnole, asiatique... quand les 2es vagues sont plus meurtrières

Grippe espagnole, asiatique... quand les 2es vagues sont plus meurtrières

RETROSPECTIVE - L'Histoire des épidémies grippales que la planète a connues, et a fortiori la France, nous enseigne que les "deuxièmes vagues" sont non seulement très courantes mais aussi bien plus virulentes que les premières et même souvent suivies de troisièmes.

"Personne n'avait prévu une flambée si violente et si rapide". En annonçant les modalités du reconfinement le 29 octobre dernier, Jean Castex n'a pas manqué de souligner l'agressivité de la deuxième vague épidémique de Covid-19 qui déferle sur la France et l'Europe, s'annonçant plus meurtrière que la première. Une semaine plus tard, des chiffres de mauvais augure sont déjà là pour en témoigner, à commencer par les plus  de 400 décès liés au virus recensés sur le territoires ces deux derniers jours, ce qui ne s'était pas vu depuis le printemps dernier. Pas plus optimistes, les données hebdomadaires dévoilées ce mardi par les Hospices Civils de Lyon font état d'un nombre d'hospitalisations de malades du nouveau coronavirus plus nombreuses que lors du pic de la première vague. 

Si la virulence de cette deuxième vague semble avoir surpris les gouvernements et les populations,  elle semble pourtant être la norme dans l'Histoire des pandémies et notamment les principales épidémies grippales observées depuis un siècle.

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L'exemple de la grippe espagnole (1918)

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L'exemple de la grippe espagnole est le plus frappant. C'est en mars 1918, à la fin de la guerre, que l'épidémie a commencé à circuler dans des baraquements militaires américains au Kansas. Lorsque le virus est arrivé en Europe au printemps, l'Espagne a été le premier pays à parler de cette épidémie, en mai, d'où son nom. Réputée très contagieuse en France à l'époque mais pas trop dangereuse, il a été estimé à ce moment qu'elle avait fait quelques milliers de morts. Mais après un répit observé pendant l'été, une deuxième vague a pris son essor et s'est avérée foudroyante. A nouveau partie des Etats-Unis, d'un campement de Boston, cette dernière a sévi en Europe de fin aout à mi novembre 1918. 

Le bilan humain de ce fameux automne 1918 est sans commune mesure avec celui du printemps : 240.000 morts sont recensés en France. Et cela ne s'est pas arrêté là, une troisième vague a frappé le pays entre février et mars, faisant néanmoins moins de victimes que la précédente, les populations ayant souvent acquis une immunité. 

De la grippe asiatique (1957) et de la grippe de Hong Kong (1969)

Dans le cas de la grippe asiatique, la deuxième vague s'est là encore avérée beaucoup plus mortelle. Partie de Chine en 1957, l'épidémie s'est propagée en Europe au printemps, passant à l'époque quasiment inaperçue. Ce ne fut pas le cas, de la seconde vague, à l'automne 1957, responsable en France de 30 000 décès.

En témoignent, les gros titres de la presse. Le 10 octobre, Le Monde évoquait une "pénurie de médicaments propres à combattre la crise asiatique" tandis que le Journal du dimanche, lui, explique le 13 octobre : "un Français sur cinq a la grippe, les hôpitaux sont submergés, les médecins doivent travailler jour et nuit."

Le scénario se répète en 1969,  avec cette fois la grippe de Hong Kong. Si la première vague n'a pas vraiment déferlé sur la France où l'on en a peu parlé, la seconde, en plein hiver, a provoqué 31.226 morts. Dans le journal Sud-Ouest, on pouvait lire : "l'épidémie de grippe à la faveur de la vague de froid qui s'est abattue sur les trois quarts de la France s'étend , des familles entières sont frappées, certaines administrations ont perdu jusqu'à 30% de leurs effectifs et de nombreuses écoles ont du fermer leurs portes ".

Quelles explications ?

Seules des hypothèses sont avancées pour expliquer que, dans l'Histoire des pandémies, les secondes vagues soient plus redoutables. La première consiste à relier cette virulence en cas de récidive à un phénomène naturel que l'on ne sait pas expliquer mais qui s'observe également en cas de raz de marée ou de séisme.

La seconde explication possible repose sur la saisonnalité. On sait notamment que chaque année, la grippe saisonnière fait une deux voire trois vagues et que bien souvent, lorsque la première vague intervient à la fin de l'hiver, la deuxième vague est pire l'hiver suivant.

"C’est une réalité à laquelle nos ancêtres étaient habitués. Ils voyaient resurgir les maladies saisonnièrement, comme les mauvaises récoltes, tous les 5 ou 10 ans", rappelle à ce sujet  Laurent-Henri Vignaud, historien des sciences et maître de conférences à l’université de Bourgogne, pour France 3 Bourgogne-Franche-Comté.

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