Harcèlement moral et sexuel : Ubisoft débranche trois dirigeants

Harcèlement moral et sexuel : Ubisoft débranche trois dirigeants
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#METOO - Des enquêtes, médiatiques et internes, ont permis de recueillir de nombreux témoignages, accusant des managers et dirigeants du géant des jeux vidéo d'harcèlement sexuel et moral.

Deuxième vague de départs chez Ubisoft : l'éditeur de jeux vidéo français a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche la démission de plusieurs hauts responsables. Plusieurs sanctions et mises à pied avaient déjà été annoncées début juillet, suite à la publication d'une enquête de Libération, dans laquelle de nombreux témoignages accusaient des cadres d'Ubisoft d'avoir multiplié remarques sexistes, harcèlement et agressions sexuelles.

"Ubisoft n'a pas été en mesure de garantir à ses collaborateurs un environnement de travail sûr et inclusif", a regretté Yves Guillemot, PDG du groupe. "Ce n'est pas acceptable. Tout comportement toxique est en opposition totale avec les valeurs avec lesquelles je n'ai jamais transigé et avec lesquelles je ne transigerai pas", a affirmé le dirigeant ce dimanche.

Une douzaine de managers accusés

Parmi les nouveaux départs, le numéro deux d'Ubisoft "Serge Hascoët a choisi de démissionner de son poste de 'Chief creative officer', avec effet immédiat. Ce rôle sera assumé dans l'intérim par Yves Guillemot", a souligné l'entreprise dans un communiqué. M. Hascoët était désigné dans les témoignages, recueillis notamment par Libération, comme une personne "au comportement toxique", qui maintenait en place un système d'impunité "empêchant tout recours pour les victimes". Au total, une douzaine de managers ont été accusés de harcèlements ou d’agressions sexuelles.

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Yannis Mallat, dirigeant des studios canadiens d'Ubisoft, est également concerné par ce remaniement. Il a quitté ses fonctions et la Société avec effet immédiat. "Les récentes allégations apparues au Canada à l'encontre de nombreux salariés ne lui permettent pas de continuer à assurer ses responsabilités", a détaillé la boite. Enfin, "Ubisoft va nommer un nouveau responsable monde des ressources humaines, en remplacement de Cécile Cornet, qui a décidé de démissionner de ce poste et ce dans l'intérêt de l'unité du groupe".

Un audit et une "refonte complète" à venir

Ces décisions viennent conclure une enquête interne menée depuis le mois de juin sur des allégations de violence et de harcèlement. L'entreprise explique aujourd'hui que ces départs "font suite à un examen rigoureux que la société a mené en réponse aux récentes allégations et accusations de mauvaise conduite et de comportements inappropriés" visant des cadres dans plusieurs pays. 

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L'éditeur de jeux vidéos se dit déterminé à "mettre en œuvre des changements majeurs dans sa culture d'entreprise". L'entreprise, qui compte 18.000 salariés dans le monde pour produire des "Assassin's Creed", "Far Cry", "Rayman" ou encore "The Crew", "a également décidé de restructurer et renforcer la fonction" ressources humaines : elle va faire "auditer et améliorer ses procédures et politiques" en la matière, a-t-elle assuré. Yves Guillemot "supervisera personnellement une refonte complète du mode de collaboration des équipes créatives", a promis Ubisoft.

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