Homophobie en entreprise : les chiffres qui témoignent du mal-être des salariés LGBT+ au travail

Homophobie en entreprise : les chiffres qui témoignent du mal-être des salariés LGBT+ au travail

INCLUSION - Selon le baromètre de l'association L'autre cercle, réalisé avec l'institut Ifop et publié mercredi 12 février, 25% des personnes LGBT+ disent avoir été victimes d'au moins une agression sur leur lieu de travail. Malgré des avancées en matière de politique inclusive, la moitié des sondés indique rester discrète sur son orientation sexuelle.

Moquerie désobligeante, insulte ou injure, mise à l'écart ou menace... Une personne LGBT+ sur quatre dit avoir été victime d'au moins une agression homophobe sur son lieu de travail. C'est le résultat de l'enquête menée par l'Ifop pour l'association L'autre cercle, née en 1998, qui œuvre pour l'inclusion professionnelle des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenres (LGBT). Selon ce baromètre, dévoilé mercredi 12 février, 10% des personnes sondées font état d'agressions physiques ou sexuelles.

Parmi les principales "tendances" qui ressortent de cette enquête de grande envergure, réalisée en ligne pour la deuxième année, 55% des personnes LGBT+ disent avoir entendu des expressions LGBTphobes sur leur lieu de travail, tandis que 41% des hommes ayant une apparence dite "féminine" et 42% des femmes androgynes ont essuyé des moqueries ou des insultes. Par ailleurs, les facteurs discriminatoires se cumulent chez les salariés non blancs (34% s'en disent victimes contre 18%). Plus inquiétant encore : à la suite de ces traitements, 53% des personnes LGBT+ confient avoir eu des pensées suicidaires. 

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Seule une personne LGBT+ sur deux est "visible"

"Combien de fois j'ai entendu mes collègues se traiter d'"enculé", de "pédé", de "gouine". Sans que personne ne relève. Ce sont des micro-agressions qui blessent à chaque fois", raconte Sébastien, interrogé par nos confrères de 20 Minutes. "On entend souvent dire, aujourd'hui, que la société a évolué, que le mariage pour tous a bouleversé les mentalités, bref, qu'il n'y aurait plus de problème", indique à L'Express Alain Gavand, le vice-président de L'autre cercle. "Mais c'est un fantasme, car il reste beaucoup de travail à faire pour parvenir à l'inclusion de tous. Et combattre cette discrimination ordinaire." Ainsi, seule une personne LGBT+ sur deux est "visible" au travail, l'autre moitié préférant rester discrète quant à son orientation sexuelle.

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Ce baromètre interroge aussi la Charte d'Engagement, élaborée en 2012 à l'initiative de l'association L'autre cercle. Dans les organisations signatrices, le nombre de personnes LGBT+ "visibles" est certes majoritaire, mais s'élève seulement à deux sur trois. 42% des sondés saluent son impact positif. Les inégalités de traitement en raison de l'orientation sexuelle, quelles soient salariales, dans le recrutement ou les tâches confiées, existent encore (12%) mais sont moins importantes (18%) que chez les employeurs non signataires. 

Néanmoins, 44% des personnes interrogées - dont l'entreprise a ratifié cette charte - reconnaissent ne pas être familiers avec son contenu. Plus de six personnes LGBT+ sur dix se disent ainsi favorables à des actions de sensibilisation de l'ensemble du personnel.

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