Plus de 1600 personnes évacuées de deux campements de migrants du nord-est de Paris

Population

IMMIGRATION - Des campements de migrants insalubres, à cheval sur le nord-est parisien et la Seine-Saint-Denis, ont été démantelés ce jeudi matin. Plus de 1600 personnes ont été évacuées.

Lors de l'annonce des mesures gouvernementales sur l'immigration ce mercredi, Christophe Castaner a indiqué que les campements du nord-est parisien seront "évacués avant la fin de l'année". Le ministre de l’Intérieur a finalement accéléré son calendrier, puisque les migrants ont été délogés dès ce jeudi matin.

Selon les estimations des associations et des autorités, entre 1.500 et 3.000 migrants vivent dans des tentes aux abords du périphérique parisien. Suite à l'opération, qui a lieu au niveau de la Porte de la Chapelle à Paris 18e et de l'Avenue du Président Wilson à Saint-Denis, la Préfecture de police a annoncé que "1.606 personnes ont été évacuées" et mises à l'abri.

Les mises à l'abri se sont faites sur la base du "volontariat", a insisté la préfecture de région. 

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Pour mener à bien cette mise à l’abri, la préfecture a prévu d'importants moyens : environ 600 policiers ont été mobilisés ce jeudi pour accompagner les migrants vers des bus qui les ont emmenés dans des gymnases ou des centres d'accueil franciliens. Suite à l’évacuation de ces 1606 personnes,, près de la moitié des campements de migrants du nord-est de Paris ont été vidés.

L'autre partie, qui se trouve sur le camp voisin de la Porte d'Aubervilliers, doit faire l'objet d'une prochaine opération similaire. 

"Tenir le terrain"

Lors d'un point presse, le Préfet de Police de Paris, Didier Lallement, a "déconseillé" aux migrants de revenir sur la zone. "Nous allons tenir le terrain, c'est à dire que nous aurons de très nombreuses patrouilles et je déconseille vraiment à des gens de revenir s'installer ici, a prévenu Didier Lallement. Ça ne serait pas possible en terme humanitaire, en terme de santé et de sécurité publiques." Pour éviter que des camps ne se reforment, la préfecture de police a vu grand : des forces mobiles doivent "tourner 24 heures sur 24 surplace", pour effectuer des contrôles d'identité et "placer en centre de rétention s'il le faut". Le tout accompagné d'un "dispositif de vidéo-patrouilles, avec notamment quelques caméras tactiques spécifiquement prévues pour cette action".

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Le Préfet de Police de Paris "déconseille" aux migrants de revenir s'installer dans le nord-est de la capitale

La dernière évacuation d'ampleur à Paris dans le 19e arrondissement, s'était également effectuée en plusieurs temps fin mai début juin 2018, avec plus de 2.000 personnes délogées. 

Bientôt 16.000 nouvelles places d'hébergement

Cette évacuation intervient au lendemain des annonces par Edouard Philippe concernant l'immigration. Le Premier ministre a notamment promis l'ouverture de trois nouveaux centres de rétention ainsi que 16.000 nouvelles places d'hébergement pour les réfugiés. En revanche, le gouvernement prévoit un tour de vis envers l'immigration clandestine : les sans-papiers et les déboutés de leur demande d'asile ne pourront bénéficier d'un maintien de leur protection maladie que pendant six mois, au lieu de 12.

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