Incendie de l'usine Lubrizol : "On ne peut pas exclure qu’il y ait des maladies chroniques"

Population

SANTÉ - L'association de défense de l’environnement Générations Futures réclame à l'Etat de mettre en place un suivi de l'état de santé des populations exposées aux fumées de l'incendie de l'usine Lubrizol survenu dans la nuit de jeudi à vendredi à Rouen (Seine-Maritime).

Les déclaration du préfet de Seine-Maritime samedi en fin de journée n'ont pas suffi à rassurer. Ce samedi matin, François Veillerette co-fondateur et porte-parole de Générations futures, association de défense de l’environnement, se dit inquiet, comme beaucoup, des conséquences de l’incendie survenu sur le site de l'usine Lubrizol  sur la santé et l’environnement. 

"Une grande partie de la population de l’agglomération rouennaise a été exposée pendant plusieurs heures aux panaches de fumée, combustion d’hydrocarbure… On sait qu’il y a des composés très dangereux qui sont dégagés dans ces cas-là. Maintenant il faut évaluer mieux l’exposition de la population. Il faut suivre l’état de santé des riverains sur le long terme,", confie-t-il au micro de LCI.

"Il n’y a heureusement pas eu de décès dans les premières heures et on s’en félicite mais maintenant on ne peut pas exclure qu’il y ait des maladies chroniques, que certains cancers soient plus présents dans les années à venir. On a retrouvé sur le site du benzène. Il y en a aussi dans les fumées, c’est un cancérogène. Les suies elles-mêmes sont un cancérogène avéré". 

Son association mais aussi des habitants de Rouen réclament désormais de l'Etat "un plan de suivi épidémiologique des populations".  

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"Suivre les populations d'années en années"

Sur le confinement des animaux et des récoltes, François Veillerette estime que "c’est une bonne décision". "Il y a effectivement une incertitude sur le niveau de contamination des récoltes et sur l’impact sanitaire. C’est une bonne chose de mettre en place cette mesure de précaution", commente le porte-parole de Générations Futures. 

"Maintenant ça n’a aucun sens de faire cela sur les produits agricoles et de ne pas s’enquérir de manière extrêmement pointue du devenir des populations. Il faudra le faire de manière très sérieuse car les populations vont déménager pour partie d’entre elles dans les années qui viennent. Il ne faudra pas juste enquêter dans la région rouennaise. Il faudra suivre tous les gens individuellement pendant des années et des années" conclut-il. 

 

"On a peur"

Outre l'association Générations Futures, d'autres personnes se sont regroupées au sein d'un collectif baptisé Lubrizol, fondé peu après l'incendie par le Rouennais Gregory Simonklein. Et elles sont déjà plus de 4600 dans le groupe créé sur Facebook

"Nous avons compris qu’il s’était passé quelque chose de dangereux, quelque chose de grave, et aujourd’hui on ne sait pas ce qu’il s’est passé, on ne sait pas ce que l’on doit faire et on ne sait pas quelles mesures seront prises par les pouvoirs publiques pour lutter contre cette crise. Le collectif est là pour dire à nos pouvoirs publics, à nos élus que la population s’est réunie, qu’on a peur et que l’on veut des solutions et des vérités maintenant", dit le fondateur du collectif. 

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Le Collectif Lubrizol inquiet veut la vérité

Plusieurs membres du collectif ont par ailleurs indiqué leur souhait de déposer plainte pour notamment avoir accès aux différentes pièces du dossier. 

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