"Si cela se pose sur nos voitures, imaginez nos poumons !" : les riverains s'inquiètent des retombées de l'incendie de Rouen

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L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

SANITAIRE - L'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen a provoqué un un épais nuage de fumée noire ce jeudi 26 septembre. Les retombées de suie ont inquiétés les riverains des alentours, qui ont partagé photos, vidéos et questionnements sur les réseaux sociaux.

Un incendie s'est déclaré dans la nuit de mercredi 25 à jeudi 26 septembre dans l'usine Lubrizol de Rouen, en Seine-Maritime. Le feu est désormais maîtrisé grâce à l'action de près de 300 sapeurs-pompiers, mais les soldats du feu vont continuer à œuvrer pendant plusieurs jours pour éteindre les dernières flammes.

Si aucun blessé n'est à déclarer, un épais nuage de fumée de 22 km de long et 6 de large a donné des sueurs froides aux riverains. Ses dépôts de suie sur plusieurs kilomètres à la ronde inquiètent particulièrement les habitants de la région. Depuis ce matin, nombreux sont ceux qui partagent des images des traces noires recouvrant leurs rues et jardins. Jusqu'à 70 km du lieu de l'incendie, les voitures ont été recouvertes de résidus grisâtres à mesure que la pluie tombait. 

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Inquiétudes grandissantes et théories du complot

L'odeur de la pollution s'est fait sentir jusque dans le Nord et en Picardie, selon les préfectures. Pourtant, Christophe Castaner - qui s'est rendu à Rouen dans la matinée - a déclaré que les fumées ne présentaient "pas de toxicité aiguë". La préfecture de Seine-Maritime a ensuite précisé à son tour que "l'étude des fumées effectuées ce matin à partir de moyens locaux n'a pas fait apparaître de toxicité aiguë sur les principales molécules analysées".

Au vu de ces résultats, "il n'y avait donc pas de risques particuliers impliquant des mesures d'évacuation ou de confinement", selon les autorités. Le préfet a néanmoins ajouté que "dans l'attente d'études complémentaires réalisées avec des moyens nationaux, des mesures de précaution ont été prises concernant les populations les plus fragiles", à savoir les établissements scolaires et sanitaires.

Des informations se voulant rassurantes mais qui n'ont pas convaincu les habitants. En partageant les images des conséquences visibles de l'incendie, nombre d'internautes ont mis en doute la parole des autorités. "Si ça se dépose sur nos voitures, imaginez nos poumons !", écrit par exemple un Rouennais sur Twitter. D'autres sont allé jusqu'à faire le parallèle avec les théories du complot entourant Tchernobyl, sous-entendant qu'un nuage toxique pourrait déjà être en train de recouvrir la ville. 

Les agriculteurs premiers visés par les mesures de précaution

Autre source d'inquiétudes pour les habitants : les consignes de sécurité envoyées aux agriculteurs de la région par email, puis via un communiqué. Contacté par LCI, l'un d'eux nous confirme avoir reçu des recommandations préventives en cas d'une potentielle contamination du territoire.

"Dans un premier temps nous avons été prévenus pour éventuellement avoir des preuves auprès des assurances en cas de pépins. Le deuxième mail a été envoyé un peu plus tard dans la matinée afin de nous 'conseiller' dans la manière de gérer nos troupeaux et éviter qu’elles soient en contact direct avec une alimentation qui pourrait être nocive pour elles", explique-t-il. Parmi ces conseils, "rentrer les animaux", mais aussi "leur donner de l’eau du réseau, sur ordre des laiteries puisque tout ce que les vaches mangent et boivent, nous le retrouvons dans le lait". 

Pour l'heure, les seules informations sur le potentiel caractère toxique ont été données par la préfecture, qui a fait savoir que "la fumée était ininflammable, dépourvue d’hydrogène sulfuré et présentait des traces minimales d’oxyde de soufre et d’azote (0 à 1 PPM)", précisant que "78 mesures de l’air ont été effectuées sur 28 points" pour obtenir ces résultats. 

Les études nationales rendront des analyses plus détaillées vendredi matin sur la composition des retombées. Lors du dernier point presse de la journée, le préfet de Seine-Maritime annonçait cependant que les habitants pouvaient rejoindre sans risques leurs logements.

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