Incidents après le rassemblement pour Adama Traoré : "Il faut arrêter l'amalgame avec les Etats-Unis"

Incidents après le rassemblement pour Adama Traoré : "Il faut arrêter l'amalgame avec les Etats-Unis"
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INTERVIEW - Des heurts ont éclaté après le rassemblement de 20.000 personnes, mardi 2 juin au soir devant le Palais de Justice, réclamant justice pour Adama Traoré. Pour Yves Lefebvre (Unité SGP Police FO), il faut éviter de comparer les méthodes des polices américaine et française, comme le font les manifestants.

Des affrontements entre des manifestants et les forces de l'ordre ont éclaté dans la soirée du mardi 2 juin, après un rassemblement devant le nouveau Palais de Justice (17e arrondissement) organisé à l'appel de la famille d'Adama Traoré. Le préfet de police de Paris, Didier Lallemant, avait interdit tout rassemblement, se prévalant de l'état d'urgence sanitaire. 

Interrogé sur LCI, Yves Lefebvre, du syndicat Unité SGP Police FO, déplore que les actualités américaines et françaises soient ainsi reliées. Depuis une semaine, les Etats-Unis sont en effet secoués par de violentes manifestations dénonçant les brutalités policières et le racisme. L'embrasement a été déclenché par la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis lors de son arrestation. 

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En France, la famille d'Adama Traoré a quant à elle rendu publique une nouvelle expertise médicale mettant en cause la version officielle et qui pointe le plaquage ventral comme ayant provoqué l’asphyxie du jeune homme de 24 ans, mort en 2016, lui aussi lors d'une interpellation.

"Il faut arrêter de faire l’amalgame entre ce qu’il se passe aux Etats-Unis et ce qu’il se passe en France", s'est insurgé Yves Lefebvre. "Les méthodes d’interpellation n’ont rien à voir." Le policier n'hésite pas à qualifier le décès de George Floyd d'"assassinat". "Je pèse mes mots." Il dénonce également les personnalités "irresponsables qui soufflent sur les braises" et qui lient les deux actualités. 

"Une partie de la jeunesse veut en découdre"

Selon Yves Lefebvre, les incidents de mardi soir relève d'un problème plus endémique. "Une partie de la jeunesse veut en découdre. 'On hait la police'. C’est le slogan. Aujourd’hui, certains veulent en découdre non pas contre l’institution, mais avec la police nationale et la gendarmerie." 

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Un climat qui fait des membres des forces de l'ordre les nouvelles cibles, déplore le policier. "Hier (lundi), j’ai un collègue sur une intervention dans un quartier du Val-de-Marne qui a reçu un tir de 'mortier' et qui a failli perdre son œil", relate Yves Lefebvre. "Et hier après-midi (lundi), on a un collègue policier qui se promène avec son gamin et qui se fait agresser car il est reconnu en tant que flic.

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