INFO LCI - Menaces du SYNGOF d'arrêter les IVG : une plainte déposée

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IVG - Une militante féministe a déposé plainte, en son nom, contre le syndicat national des gynécologues obstétriciens de France, après qu'ils ont menacé d'arrêter la pratique des IVG. Selon nos informations, une saisine collective du conseil national de l'ordre des médecins est également en cours de préparation.

Elle ne compte pas relâcher la tension. Anaïs Leleux, une militante féministe du Groupe F, a déposé une plainte auprès du procureur de Paris, jeudi 21 mars, contre le syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof). Cette plainte, que nous avons pu consulter, porte sur des faits d'"incitation à l'entrave à l'IVG" et "d'atteinte au droit des patientes de choisir librement leur médecin", après que ce syndicat a menacé, mi-mars, d'arrêter la pratique des IVG si la ministre de la Santé ne le recevait pas. 

En amont, cette militante avait également pris l'initiative de créer un formulaire d'envoi de mails à l'ordre des médecins, à la suite de la polémique suscitée par la menace du syndicat. Plus de 12.000 mails de protestation avaient alors été envoyés au conseil national. Avec plusieurs autres féministes, elle s'est aussi rendue au siège de l'ordre pour "une action coup de poing", simulant une "prise d'otage de femmes", sans pour autant obtenir satisfaction.

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Incitation à l'entrave à l'IVG

D'après nos informations, une saisine collective de l'ordre des médecins est en préparation, de la part de plusieurs associations féministes, afin de demander à cette instance de s'auto-saisir du cas du Syngof et de procéder à des actions disciplinaires à l'encontre des gynécologues à l'origine de cette menace.

Le 12 mars dernier, le Syngof a suscité la polémique en envoyant à ses membres une newsletter leur demandant d'"être prêts à arrêter la pratique des IVG" afin de se faire entendre sur le plafonnement de leurs assurances professionnelles. Un actionnement de leur clause de conscience sous forme de "grève à l'IVG", argumentée par le docteur Jean Marty, ancien président du Syngof, auprès de LCI : "Nous savons que l'IVG est un sujet de société très sensible. Nous manions cette menace insupportable pour qu'on nous écoute, sinon la société s'en moque" avait-il expliqué. La menace a créé un tollé, d'autant plus que l'histoire de ce syndicat comporte des précédents en matière de remise en cause du droit à l'interruption volontaire de grossesse. En septembre 2018, son actuel président, Bertrand de Rochambeau, assurait que l'IVG était un "homicide". 

Marche arrière du syndicat

Les ministres Marlène Schiappa et Agnès Buzyn avaient, de leurs côtés, vivement réagi à cette menace, qualifiée "d'inacceptables". Depuis, le syndicat a fait marche arrière, expliquant dans un communiqué soutenir "sans réserve le droit à l'IVG". "Il est malheureux de constater que le seul moyen aujourd'hui de se faire entendre est de générer une fausse polémique sur les réseaux sociaux", a-t-il ajouté. 

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