INFO TF1/LCI – Hausse de la délinquance : la patronne des policiers parisiens veut des "résultats significatifs"

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SOCIÉTÉ – Agressions, vols, cambriolages, etc. La hiérarchie policière parisienne entend mettre la pression pour faire baisser la délinquance ces six prochains mois.

Une deuxième partie de l’année qui ne doit pas ressembler à la première. Les instructions de la nouvelle directrice de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) sont claires. La courbe haussière de la "délinquance d’acquisition" (cambriolages, vols à la tire…) sur les six premiers mois de l’année doit s’infléchir. Et vite.

 

Dans une note diffusée le 17 juin aux chefs de la police parisienne et que nous nous sommes procurée, Valérie Martineau, nommée à ce poste il y a moins de deux mois,  détaille son plan d’action. "Les six premiers mois de 2019 révèlent une évolution défavorable de la petite et moyenne délinquance", constate-t-elle, dans ce document de quatre pages, qui fait office de feuille de route pour ses troupes. "Notre action doit être guidée par un principe simple : obtenir des résultats significatifs."

"Tous les indicateurs sont dans le rouge"

Outre la "reconquête républicaine" sur le terrain, l’investigation judiciaire doit aussi "contribuer largement à l’assainissement des quartiers". Plusieurs infractions sont particulièrement dans le collimateur des policiers parisiens : les atteintes volontaires à l’intégrité physique, les violences conjugales, les vols violents et les cambriolages. "Tous les indicateurs sont dans le rouge", glisse un cadre de la préfecture, qui évoque un "constat d’échec". 

 

Ces derniers jours, la maire de Paris, Anne Hidalgo a tiré la sonnette d’alarme face à des actes de délinquance plus nombreux. Selon le Canard Enchaîné, citant les statistiques de la Préfecture de police, les atteintes aux biens ont augmenté de 16,4% sur les cinq premiers mois de l’année, comparées à la même période en 2018. Les atteintes volontaires à l’intégrité physique, elles, grimpent de +10,7% dans le même laps de temps.

Pour la maire de Paris, cette hausse de la délinquance peut s’expliquer par le mouvement des "Gilets jaunes, qui a évidemment mobilisé les forces de l’ordre pour le maintien d’ordre", a-t-elle indiqué lors d’un colloque organisé à l’Hôtel de Ville fin juin. "On comprend qu’un événement comme celui-là ait retiré des effectifs, mais la dégradation dans un certain nombre de quartiers, nous la voyons", a-t-elle ajouté.

 

Un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur nuance toutefois les propos de la maire de la capitale, estimant que les Gilets jaunes sont loin d’être la seule raison de ces mauvais chiffres : "La proportion d’étrangers mis en cause augmente clairement, notamment dans la délinquance du quotidien, comme les vols à la tire. Beaucoup sont en situation irrégulière dans l’Hexagone." Des propos qui interviennent dans un contexte houleux entre la mairie de Paris et l'Etat sur la question de l’accueil des migrants dans la capitale.

 

Le 25 juin dernier, le sénateur parisien Pierre Charon (LR) liait, lors des questions au gouvernement, la hausse de la délinquance et la politique migratoire dans la capitale, avançant que "plus de 45% des personnes mises en cause dans ces nouvelles délinquances sont des migrants". Des chiffres démentis par nombre de cadres de la police contactés, rappelant que les statistiques ethniques sont formellement interdites par la loi.

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