Infos ou intox qui circulent pendant la grève : on démêle le vrai du faux

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A LA LOUPE - De nombreux corps de métiers sont aujourd'hui dans la rue pour protester contre la réforme des retraites. Si la France est à l'arrêt, les réseaux sociaux sont en ébullition. La grève suscite de nombreuses réactions sur la toile et draine inévitablement son lot d'intox et d'informations troublantes. LCI en a compilé une sélection.

Benjamin Griveaux a-t-il enfreint le code électoral en proposant des réductions pour les VTC ? Y avait il des policiers-casseurs en marge d'un cortège ? Des pavés ont-ils été laissés sur les Champs-Elysées ? Des maires ont-elles affrété illégalement des cars pour les manifestants ? LCI revient sur les nombreuses interrogations que se posent les internautes.

Des mairies ont-elles le droit d'affréter des cars pour transporter des manifestants ?

Dans un communiqué publié sur son site internet, la municipalité de Malakoff (Hauts-de-Seine) explique qu'elle affrétera deux autocars pour permettre aux grévistes de gonfler les rangs des manifestants à Paris le jeudi 5 décembre. Un exemple suivi par près d'une vingtaine d'autres communes d'Ile-de-France, toutes communistes ou socialistes. 

Une pratique totalement illégale et déjà sanctionnée par le Conseil d'Etat dans une décision de 1990 qui fait depuis jurisprudence. La commune de Blénod-Lès-Pont-À-Mousson avait pris en charge les frais de transport des habitants qui s'étaient rendus en autocar à Paris pour participer, en 1987, à une 'manifestation pour la défense de la sécurité sociale' et à une 'marche pour la paix'. Une utilisation des deniers publics contraire au principe de neutralité du service public et qui n'a rien à voir avec les missions d'une commune. 

Mais dans les faits les condamnations restent rares, comme nous l'expliquent le Conseil d'Etat et l'avocat en droit public Me Cyrille Bardon dans notre article accessible en cliquant ici

Des policiers-casseurs en marge d'un cortège ?

Des policiers se sont ils livrés à des dégradations en marge des cortèges contre la réforme des retraites ?  Des images largement partagées sur les réseaux sociaux le laissent entendre. Pourtant, il n'en est rien. 

Tout est parti d'une vidéo montrant des forces de l'ordre casser une vitre, à l'entrée d'un immeuble. Ces images, postées à l'origine sur un compte Instagram privé, ont été largement repartagées. Elles ont été filmées en Iran.

Pour lire la suite de cet article, cliquez-ici.

Benjamin Griveaux a-t-il le droit de proposer des réductions pour les taxis et VTC ?

Benjamin Griveaux est allé à la rencontre des commerçants et des habitants du 11ème arrondissement de Paris, ce mercredi 4 décembre. Une opération de communication, en pleine campagne des municipales dans la capitale. Son équipe était venue munie de tracts, qui ont beaucoup intrigué les internautes. "Dans le 11e, les militants de Benjamin Griveaux proposent en marge de leur tractage de scanner un QR code pour bénéficier de réductions sur les taxis demain", a souligné un journaliste du Monde sur Twitter. "Ça va être trapu de les intégrer dans les comptes de campagnes", s'indigne un twittos.

Sur le fameux tract, figure un QR code. Ce code-barres renvoie, non pas directement à des promotions mais à un article - "SOS 5 décembre" - du site Paris Ensemble, le site de campagne de Benjamin Griveaux. Y figurent de nombreuses solutions existantes pour se déplacer dans la capitale, trouver un parking relais ou encore faire garder ses enfants. Ces bons plans sont en réalité des codes de réduction proposés par des entreprises, sans lien avec le parti LaRem, par exemple la RATP ou Velib Métropole. 

Si l'article 106 du Code électoral interdit bien tous "dons ou libéralités en argent ou en nature (...) en vue d'influencer le vote d'un ou de plusieurs électeurs", elle ne s'applique pas à ce cas précis. "C’est juste une fiche récapitulative de toutes les infos possibles, qui renvoient vers des sites grand public. Pour l’instant, il n’y a rien qui semble financé par le candidat", a confirmé la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), auprès de nos confrères de Checknews.

Benjamin Griveaux n'a d'ailleurs pas hésité à poster le QR code polémique sur sa page Twitter.

Des amas de pavés ont-ils été laissés sur les Champs-Elysées ?

Des photos et des vidéos montrant des monticules de pavés sur les Champs-Elysées ont beaucoup fait réagir les internautes. Beaucoup accusent les autorités de favoriser les violences, en laissant libre accès à de potentielles armes. "Aujourd'hui 4 décembre une montagne de pavés sur les Champs-Élysées près de l'étoile et après ils diront qu'il y a des casseurs mais ils fournissent...", lâche ainsi une internaute, en postant une photo de l'avenue sur Facebook.

Interrogée par LCI, la préfecture nous a indiqué mercredi avoir été avisée de la situation et l'avoir signalée à la mairie. Un arrêté a par ailleurs été pris pour interdire tout rassemblement de Gilets Jaunes sur cette avenue, qui ne fait pas partie du parcours de la manifestation autorisée.

La Ville de Paris, de son côté, s'est "déchargé" sur l'entreprise en charge de ce chantier de sécurisation des traversées piétonnes. "La Ville a demandé à l’entreprise responsable de faire le nécessaire avant la manifestation de demain pour enlever les pavés et tous les éléments qui pourraient servir de projectiles et sécuriser le barriérage des zones dépavées."

Nous sommes allés vérifier la situation mercredi soir, l'avenue était bel et bien dégagée.

Pour avoir plus d'informations sur le sujet, retrouvez notre article sur LCI

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