Un élève exclu de la cantine parce qu'il ne mange pas de viande : "De mémoire de juriste, c'est une première"

Un élève exclu de la cantine parce qu'il ne mange pas de viande : "De mémoire de juriste, c'est une première"
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À LA LOUPE – Une situation ubuesque. Le maire de Pont-de-Chéruy (Isère) a pris la décision d'exclure de la cantine scolaire un enfant au motif qu'il ne mangeait pas de viande. Explications.

Cette tranquille famille d'Isère s'attendait à tout sauf à ça en décidant d’emménager sur la commune de Pont-de-Chéruy, 5000 habitants, en Isère. Leur enfant de 8 ans, Kamil, sera exclu de la cantine après les vacances de Noël au motif qu'il refuse de manger la viande. 

Une notification d'exclusion apportée par un policier

Une nouvelle qui leur est parvenue par l'entremise d'un policier, venu au domicile de la famille Lamsyah, mercredi 4 décembre. "C'est complètement disproportionné ! C'est un policier municipal en tenue qui est venu apporter en personne le courrier du maire pour exclure notre fils de la cantine !" Contactée par LCI, Raja Lamsyah, mère du petit Kamil, ne comprend toujours pas. Son mari et elle sont tombés des nues en apprenant la nouvelle. "Kamil n'a que 8 ans, il a vu un policier arriver à la maison et on a du lui dire qu'il ne pouvait plus aller à la cantine."

Choquée du procédé, Raja Lamsyah a posté sur sa page Facebook le fameux courrier du maire de Pont-de-Chéruy, Alain Tuduri. Une publication partagée près de 20.000 fois en l'espace de quelques heures. 

Pourquoi Kamil est-il exclu de la cantine ?

Comme nous l'explique la maman de Kamil, son fils ne mange pas de viande à la cantine. "Il la laisse de côté dans son assiette, il ne fait pas d'histoires et mange les légumes qui peuvent être à côté." Sauf que la municipalité refuse que Kamil ne touche pas à la viande. D'après le maire, l'attitude de l'enfant contrevient aux valeurs de la cantine de Pont-de-Chéruy. "La découverte du goût, l'approche de nouvelles saveurs [...], le lien social et de convivialité", justifie-t-il dans son courrier.

Pourtant, sa mère assure : "Nous n'avons jamais demandé un traitement spécifique pour Kamil à la cantine. Il ne mange pas de viande, c'est tout. Je me suis même proposé à ce qu'il apporte ses propres repas. Mon mari travaille à plus de 30 kilomètres et moi, je suis cheffe de cuisine dans un Ehpad. Impossible pour nous de le récupérer le midi."

L'avocat de la famille demande des excuses publiques

Une incompréhension que partage Me Mohamed Djerbi, avocat de la famille Lamsyah. "Les motivations de l'exclusion ne reposent sur aucun fondement légal, assure-t-il auprès de LCI. De mémoire de juriste, c'est une grande première. La restauration scolaire est un service et ce cas d'exclusion est tout simplement illégal." En plus de la réintégration immédiate de l'enfant, l'avocat demande des excuses publiques de la part du maire. "Le priver de cantine n'est-il pas justement contraire à ce principe du 'lien social et de convivialité' prôné par ce restaurant scolaire ?" s'interroge Me Djerbi. Si rien n'est fait, la famille entamera une procédure en référé devant la juridiction administrative.  

Contacté par LCI, Alain Tuduri n'a pas encore répondu à nos sollicitations.

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