Journée internationale des droits des femmes : le 8 mars a-t-il encore une utilité ?

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ÉGALITÉ - Ne devrait-on pas parler des droits des femmes tout au long de l'année, et rendre la journée du 8 mars inutile ? Idéalement oui, mais dans les faits, cette journée est importante pour les associations féministes, comme nous l'expliquent Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, et Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme.

Chaque 8 mars, les femmes sont mises à l’honneur. Pour le meilleur et parfois pour le pire. Notamment lorsque les marques de produits électroménagers ou de beauté en profitent pour faire des promotions sur des aspirateurs ou des casseroles (car oui, c’est toujours la femme qui cuisine) ou pour des cours de maquillage ou des sous-vêtements (car oui, la femme doit toujours être belle, avenante, apprêtée). 

La journée du 8 mars est plus salutaire lorsqu’elle permet de récompenser des femmes pour leurs actions, de mettre en avant des initiatives féminines, de rappeler qu’encore trop de petites filles n’ont pas accès à l’éducation dans le monde, ou que les femmes continuent de gagner moins que les hommes. Mais ne devrait-on pas parler de ces sujets tout au long de l’année, et ne pas avoir à ne les aborder qu’un jour par an, le 8 mars ?

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"Bien sûr qu'il faudrait s’occuper des problématiques concernant les droits des femmes toute l’année !", confirme Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. "C’est effectivement une interrogation qui traverse toutes les féministes", ajoute Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme. "Toute l’année, nous nous échinons à rendre ces sujets plus visibles. Mais cette visibilité, plus forte le 8 mars, nous aide dans nos actions", poursuit-elle.

Ça a le mérite d’obliger les gens à voir ce qui ne va pas, à s’arrêter sur ces sujets- Anne-Cécile Mailfert

En effet, comment se passer de la médiatisation offerte par cette journée internationale des droits des femmes pour une association féministe ? Difficile… D'ailleurs ce 8 mars, Osez le féminisme lancera la campagne "A notre santé, pour une santé féministe des filles et des femmes". "Le 8 mars est souvent l’occasion de faire des bilans", explique également Anne-Cécile Mailfert. "Nous-même nous sortons des études, des sondages à ce moment-là de l’année. Car il y a de fortes chances que si nous ne le faisons pas là nous ne soyons pas entendus. Ça a le mérite d’obliger les gens à voir ce qui ne va pas, à s’arrêter sur ces sujets. Car ensuite le quotidien reprend le dessus."

Pour illustrer l’importance du 8 mars pour la lutte pour les droits des femmes, les deux militantes usent toutes les deux de comparaisons. "Est-ce qu’il faudrait un ministère des Droits des femmes ? Dans l’idéal non, nous ne devrions pas en avoir besoin", observe la présidente de la fondation des femmes. "Je n’ai jamais vu un syndicat dire ‘Je ne vais pas fêter le 1er mai parce que le droit du travail c’est toute l’année’. C’est pareil pour nous", estime la porte-parole d’Osez le féminisme. "Malheureusement, nous vivons dans une société patriarcale, nous ne pouvons pas nous passer du 8 mars", conclut l’autrice de Beyoncé est-elle féministe ?. Et Anne-Cécile Mailfert d'ajouter : "Ce n’est pas parce qu’il faut en parler toute l’année qu’il ne faut pas en parler le 8 mars." La journée internationale des droits des femmes a encore de beaux jours devant elle.

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