L'épidémie a rebattu les cartes : qui sont les gagnants et les perdants de la saison touristique ?

L'épidémie a rebattu les cartes : qui sont les gagnants et les perdants de la saison touristique ?
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REPORTAGE - Cette année, l'épidémie a changé les habitudes des Français en matière de destination et la saison touristique a réservé quelques surprises. Certaines régions ou villes ont particulièrement tiré leur épingle du jeu tandis que d'autres ont été désertées. Voici quelques exemples.

C'est une saison touristique particulière qui est sur le point de s'achever en France. L'ombre du coronavirus a plané durant les deux derniers mois sur le tourisme, et les régions gagnantes de l'année ne sont pas forcément celles que l'on croit. On a ainsi constaté que dans certaines stations balnéaires comme sur la côte Atlantique, la fréquentation avait bondi de 20% par rapport à l'année dernière. Les Français ont largement plébiscité les grands espaces comme la Franche-Comté, ou encore l'Auvergne et la Haute-Savoie. 

D'autres régions ont été bien moins chanceuses : en Corse par exemple, on comptait 50% de touristes en moins, tout comme à Nice ou encore à Saint-Tropez. Plus largement, les grandes villes comme Lyon ou Bordeaux ont aussi noté une forte baisse de l'activité touristique mais le plus grand plongeon revient à Paris. La capitale, d'habitude bondée en période estivale, enregistre 80% de touristes en moins. La clientèle étrangère n'était, cette année, pas au rendez-vous. Petit tour de France des grands gagnants et des perdants de cette saison. 

A Orléans, une hausse de 50% de la fréquentation

Orléans est l'une des rares villes de l'Hexagone où la saison estivale 2020 est exceptionnelle. Les touristes français sont la belle surprise de l'été dans la capitale du Loiret. Dans la métropole, la clientèle des visites guidées a doublé, notamment dans les vestiges souterrains de la ville.  Avec une hausse de 50% de fréquentation à l'Office du tourisme, les Français ont compensé la baisse du nombre de visiteurs étrangers avec, d'abord, un attrait pour le patrimoine local. Un bémol cependant, les professionnels du tourisme redoutent les prochaines semaines avec la rentrée scolaire et l'absence de touristes étrangers. 

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A Orléans, l'engouement surprise

Des chiffres records dans le Cantal

C'est la saison de tous les records dans le Cantal avec un taux de fréquentation exceptionnelle cet été. Les touristes sont en grande majorité français et ont privilégié la région pour son calme. Dans le village de Salers, les professionnels sont ravis de leur saison. Ils ont fait le plein en juillet et août avec 20% de visiteurs en plus par rapport à l'an passé. Des touristes en nombre "et qui achètent", se félicite un commerçant. 

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Tourisme : une saison exceptionnelle dans le Cantal

Une saison au firmament, en Haute-Savoie

Cette année, plus que jamais, les Français ont plébiscité les vacances d'été à la montagne. En août, le taux d’occupation des stations de montagne est au-dessus de celui de l’année dernière à la même date, annonce mardi l’Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM). Le grand air, l'après-confinement et les températures en hausse ont convaincu les touristes français d'aller séjourner en altitude, loin des plages bondées et de la météo caniculaire. 

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La Montagne, grande gagnante de cette saison estivale

Une "saison exceptionnelle" dans les Alpes

Comme la plupart des stations de montagne, dans le Vercors, à Villars-de-Lans, la saison estivale a battu des records. La station a enregistré près de 40% de visiteurs de plus que l'année dernière, dans les remontées mécaniques. Les professionnels estiment d'ailleurs que "chaque jour, c'était la queue, comme le 15 août. Et ça a été comme ça, pendant presque trois semaines". Cette fréquentation en hausse est essentiellement due aux besoins des français de se retrouver dans des endroits où les distanciations sont possibles mais aussi, grâce aux activités proposées comme le VTT ou encore, le Mountain Kart, un véhicule tout terrain à trois roues. 

Les restaurateurs et hôteliers sont aussi gagnants. "On est sur des augmentations, par rapport aux dernières années, d'environ 30 % pratiquement sur l'ensemble de l'été", détaille-t-on du côté de l'Office du tourisme local. Avec le Covid, certains clients sont restés pratiquement un mois dans la station.  Et comme dans d'autres destinations de montagne, Villars-de-Lans mise sur l'été indien pour prolonger sa saison exceptionnelle. 

Dans le Finistère, la saison est atypique mais réussie

En Bretagne, du côté de Bénodet, la saison a été bonne, malgré l'absence de touristes étrangers. Le chiffre d'affaires de certains magasins a même été meilleur que celui des années précédentes. Les vacanciers se sont pressés dans ces grands espaces naturels, favorables à la distanciation physique et sociale. Certains professionnels du secteur ont même qualifié la saison d'atypique : elle a permis aux Bretons de redécouvrir leur région pour des séjours de trois ou quatre jours. Le bilan est bon donc, mais les recettes de l'été, ne rattraperont pas celles du printemps. 

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Tourisme : le bilan est bon cet été dans le Finistère

Une saison en demi-teinte en Aquitaine

Un monde fou sur la côte mais un été bien triste dans l'arrière pays, voilà pour résumer la saison estivale en Aquitaine. A Saint-Emilion, par exemple, ce n'était pas la foule des grands jours durant tout l'été. Le chiffre d'affaires des commerces a chuté de 30% en juillet et en août. C'est la clientèle étrangère qui a manqué cruellement. Il faut dire que ces touristes avec un fort pouvoir d'achat n'hésitent pas habituellement à dépenser pour ramener des souvenirs, avec en premier lieu du vin. En revanche, sur le littoral atlantique, la situation est toute autre : tous les commerçants de Lacanau sont ravis, "avec aucun écart par rapport à l'année dernière", côté chiffre d'affaires.

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Tourisme en Aquitaine

Saint-Tropez fait grise mine

La Côte d'Azur en revanche a souffert des conséquences de l'épidémie. A Saint-Tropez, dans le Var, certains secteurs ont été plus secoués que d'autres. Si certains restaurateurs ont malgré tout pu compter sur la clientèle française pour réaliser un chiffre d'affaires correct, certains hôteliers et artisans n'ont cependant pas eu cette chance, notamment en raison de l'absence de la clientèle étrangère et fortunée.  

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L'absence de touristes étrangers a grandement pénalisé Saint-Tropez

Une saison "catastrophique" à Lourdes

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Coronavirus : vidée de ses pèlerins, Lourdes vit une saison touristique catastrophique

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Cette année, les célébrations de l'Assomption à Lourdes ont été particulières à bien des égards. La fréquentation de la cité mariale à l'occasion du pèlerinage a chuté de façon catastrophique. On enregistrait dans la cité 5 000 pèlerins contre 25 000 l'année dernière. 95% des pèlerinages ont été annulés. Le sanctuaire et les commerces ont subi de plein fouet cette absence de visiteurs. Mgr Olivier Ribadeau Dumas, recteur du sanctuaire de Lourdes estime d'ailleurs, une perte avoisinant les huit millions d’euros à la fin de l’année. Il compte désormais sur les dons et espère une meilleure saison l’année prochaine, pour retrouver l’équilibre financier. 

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