L'homéopathie a-t-elle vraiment été "efficace" pour endiguer l'épidémie de choléra en 1831 ?

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A LA LOUPE - Un élu parisien EELV a défendu l'homéopathie en évoquant son "efficacité", notamment au moment de l'épidémie de choléra en 1831. Y a-t-il un véritable consensus médical et historique sur la question ?

Efficace ou pas ? Un mois après la décision du gouvernement de progressivement cesser le remboursement de l'homéopathie, le débat fait toujours rage. Mardi 30 juillet, c'était au tour du maire EELV du 2e arrondissement de Paris, Jacques Boutault, de reprendre de volée un internaute sur le sujet. 

"Ne dites pas n'importe quoi", rétorque-t-il à celui qui lui écrit que l'homéopathie ne soigne pas. "L'homéopathie peut être efficace. Lisez quelques études et reprenez des vérités historiques et scientifiques (voir par exemple l'épidémie de choléra en 1831)."

Par cette réponse, l'élu fait référence à une controverse médicale vieille de près de deux siècles, comme le notent nos confrères de France Info. Le choléra, cette infection des intestins qui peut entraîner une mort rapide par déshydratation, a effectivement fait plus de 100.000 morts en France, à partir de 1831. A cette époque, le médecin allemand et inventeur de l'homéopathie, Samuel Hahnemann, publie plusieurs textes vantant les mérites de l'homéopathie sur la prise en charge des patients atteints de choléra. En France, il rallie rapidement des disciples. L'un d'entre eux écrira même : "J'ai guéri un malade devenu si vigoureux que sa femme en devint enceinte à 45  ans, lui-même en ayant 64. L'enfant est venu au monde. On voulait lui donner un prénom. J'ai fait donner celui de Samuel."

Sauf qu'en réalité, les recommandations en matière de traitement du choléra n'impliquent absolument pas l'homéopathie. A l'heure actuelle, l'OMS (organisation mondiale de la santé), émet des recommandations nettes pour soigner cette infection... et celles-ci n'en appellent guère à l'homéopathie. Il s'agit d'abord de réhydrater le patient et, dans les cas graves, de lui administrer des antibiotiques. Voici ce qu'il est écrit sur le site de l'organisation : "Le traitement efficace suppose une réhydratation rapide par l'administration de sels de réhydratation orale ou de liquides intraveineux, selon la gravité des cas. On peut guérir jusqu'à 80% des sujets atteints en leur administrant rapidement les sels de réhydratation orale. En cas de déshydratation très sévère, la perfusion de liquides intraveineux s'impose. Dans les cas graves, on peut administrer des antibiotiques appropriés pour raccourcir la durée de la diarrhée, diminuer les quantités de liquide de réhydratation nécessaire et écourter la durée de l'excrétion des bacilles." 

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Plus largement, la Haute autorité de santé (HAS) a dernièrement émis un avis peu flatteur en direction de l'homéopathie, ce qui a d'ailleurs décidé le gouvernement à cesser son remboursement. Selon les experts de la HAS, il y a ainsi, concernant l'homéopathie, une "absence de preuve d'efficacité" et une "absence d'étude robuste permettant d'évaluer l'impact des médicaments homéopathiques sur la qualité de vie des patients" 

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