La crise du logement touche plus d'un Français sur cinq, selon la fondation Abbé Pierre

Les records d'expulsion ont atteint des records, en 2018, dénonce la Fondation Abbé Pierre.

MAL-LOGEMENT - Quatre millions de personnes n'ont pas de logement ou sont mal-logées en France, selon le rapport annuel de la fondation Abbé Pierre (FAP) publié jeudi. Mais autour de ce noyau, la crise du logement touche plus d'un Français sur cinq, à différents degrés.

Risques pour la santé, fins de mois difficiles, confort insuffisant, environnement quotidien et vie de famille impactés... Si, selon le nouveau rapport de la fondation Abbé Pierre (FAP), rendu public ce jeudi, quatre millions de de personnes n'ont pas de logement ou sont mal-logées en France, le chiffre s'élève à 15 millions d'individus lorsque le prisme du mal-logement est élargi jusqu'à ses contrecoups. Et parmi ces 15 millions, plus d'1,2 million de locataires sont en situation d'impayés de loyers ou de charges et risquent l'expulsion, souligne le rapport.

L'espace et le froid

En 2019, le nombre d'expulsions locatives a, en outre, atteint un nouveau record, avec plus de 36.000 personnes expulsées avec concours de la force publique, soit une hausse de 2,9% sur un an. Mais en réalité, selon la FAP, entre deux et trois fois plus de ménages ont été expulsés, beaucoup partant avant même l'arrivée des forces de l'ordre. 

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Un des premiers indicateurs du mal-logement, souligne encore le rapport, est le manque d'espace. Près de 4,3 millions de personnes modestes vivent en situation de surpeuplement dit "modéré", c'est-à-dire qu'il leur manque une pièce par rapport à la norme d'occupation. Cette norme prévoit un minimum de 9 m2 pour une personne seule, 16 m2 pour un couple et 9 m2 par personne supplémentaire. Le surpeuplement est dit "accentué", lorsqu'il manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement : 934.000 personnes sont dans cette situation. En tout, sur les 4 millions de mal-logés, on estime à plus de 2,8 millions le nombre de personnes vivant dans des conditions de logement très difficiles du point de vue du confort. 

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Enfin, l'aspect énergétique pèse lui aussi beaucoup sur les foyers les plus modestes : près de 3,6 millions de personnes ont froid dans leur logement, pour des raisons liées à la précarité. Les Français sont ainsi 44% de plus qu'en 2006 à se priver de chauffage à cause de son coût. Plus généralement, l'effort financier excessif pour payer des loyers trop élevés touche plus de 5,7 millions de personnes, qui consacrent plus de 35% de leurs revenus au logement. Ce qui ne leur laisse qu'un revenu inférieur à 65% du seuil de pauvreté pour vivre, soit 650 euros par mois.

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