"La danse pour les filles, le foot pour les garçons" : dans le sport, les stéréotypes ont la vie dure

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La Coupe du monde féminine de football 2019

SONDAGE EXCLUSIF - A moins de cent jours de la Coupe du monde féminine de football, une enquête Kantar TNS pour TF1 confirme la part prégnante de conceptions genrées liées à certains sports, notamment dans l'esprit de parents qui souhaiteraient inscrire leurs enfants à une activité physique.

La danse pour les filles, le football pour les garçons ? La distinction semble quelque peu simpliste... Pourtant, à l'approche de la Coupe du monde féminine de football, un sondage Kantar TNS pour TF1 que nous vous révélons ce jeudi révèle que les stéréotypes de genre liés au sport ont la vie dure.

Dans les faits, un chiffre apparaît d'abord rassurant. En moyenne, sur tous les sports confondus, il y a une volonté égale entre les parents de filles et de garçons d'inscrire leur enfant dans un club : selon cette étude, 71% des parents chercheraient ainsi un établissement sportif pour leur enfant, si celui-ci exprimait le souhait de s'inscrire quelque part. 

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Des stéréotypes tenaces

D'ailleurs, si leur enfant voulait faire de la natation, de l'athlétisme ou bien du judo, la même proportion de parents de filles ou de garçons se mettrait à la recherche d'un club. Ils seraient 88% à accepter cette demande pour leur fille et 89% pour leur petit garçon, par exemple. 

En revanche, concernant la danse, le patinage artistique, le rugby ou encore le football, les choses se corsent. Si leur enfant le leur demandait, 86% des parents d'une petite fille accepteraient qu'elle fasse de la danse, contre seulement 64% des parents de garçon. De la même manière, 73% des parents de fille chercheraient un club de patinage artistique si celle-ci en exprimait le souhait, contre 55% des parents de garçon. Et à l'inverse, si leur fille voulait faire du rugby, seuls 54% des parents chercheraient un club, contre 71% des parents de garçons. Concernant le football, 85% des parents de garçon accéderaient à la demande de leur fils, contre - seulement - 76% des parents d'une petite fille. 

Le sport, un milieu encore macho

Il est intéressant de constater que même si ces conceptions genrées du sport se perpétuent, un certain nombre de sondés sont conscients des obstacles imposés dans la société par les stéréotypes. Ainsi, le sondage indique que 13% des parents estiment qu'il est plus compliqué pour une jeune fille de "devenir une championne". Pour 58% de ces personnes, ses performances seraient moins médiatisées, tandis que pour 44% d'entre elles, une fille aurait plus de mal à trouver des financements, des sponsors. Enfin, ils sont 28% à penser qu'il y a moins de disciplines ouvertes aux filles. D'ailleurs, malgré leurs propres idées reçues fortement intériorisées, 84% des personnes sondées trouvent que le sport est un milieu encore trop macho. 

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