La dette privée, contractée par les entreprises et les ménages, continue sa progression en France

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DÉCRYPTAGE - Dans sa chronique "Les indispensables", Claire Sergent s'est intéressée ce jeudi 26 décembre 2019 à l'endettement des ménages et des entreprises en France.

L'endettement du privé est-il un risque pour l'économie française ? Pour savoir de quoi on parle, il faut déjà expliquer que les dettes contractées par les ménages correspondent à 60,4% du PIB en France, soit environ 1300 milliards d'euros. Un niveau d'endettement qui a doublé en 20 ans. On l'explique principalement par des taux d'intérêt très bas qui incitent les souscripteurs à s'endetter. Ils étaient, en juillet, à 1,2%. 

Le crédit immobilier se débride avec l'assentiment d'une partie des banques

L'argent est donc bon marché, ce qui amène 47,8% des Français à souscrire des prêts. Une population qui reste plutôt stable, mais qui cache une hausse : les crédits immobiliers ont cru de 31,4% en un an, pour atteindre un record absolu de 250 milliards d'euros de créances au niveau national dans ce domaine. Signe de cette bonne santé des crédits immobiliers : l'accord d'un crédit se fait deux fois plus vite en France, en moyenne, que chez nos voisins européens.

Cette hausse induit-elle un risque de surchauffe pour les banques ? Les gendarmes financiers, notamment le Haut conseil de stabilité financière ou la Banque de France, qui appellent à réglementer davantage ces pratiques. Alors que 25% des prêts dépassent les 25 ans, préconisation est faite de les plafonner à cette durée. Idem pour le taux d'endettement accordé aux ménages. La norme veut qu'il ne dépasse pas 33% des revenus nets du ménage (hors prélèvement à la source). Or, les autorités chargées de ce dossier estiment à 15% le nombre de dossiers qui s'écartent de cette norme. Il s'agit pour l'instant de recommandations, dont les représentants des banques indiquent avoir pris "bonne note". Mais elles seront surveillées de près et ces suggestions pourraient devenir des obligations.

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La France en hausse constante

Le constat fait pour les ménages vaut également pour les entreprises, puisque leur taux d'endettement correspond à 73,5% du PIB, soit 1700 milliards d'euros. Un record, là aussi, en hausse constante, et où la France bat des records par rapport à ses voisins européens. Au Royaume-Uni, la dette cumulée des entreprises et des ménages atteint un chiffre équivalent à 146,8% du PIB (13 points de plus qu'en France, ndlr), mais diminue nettement depuis la fin des années 2000. L'Allemagne, historiquement prudente, est la seule puissance européenne avec une dette inférieure à son PIB (94,9%). L'Espagne, elle, après avoir atteint des sommets (près de 200%), a très largement corrigé le tir, pour atteindre 121,8% à la fin de l'année 2019.

Evidemment, l'endettement des entreprises correspond à de l'investissement, signe qu'elles sont optimistes sur leurs capacités à réussir dans l'avenir. Mais ce raisonnement est fragilisé lorsque la valeur ajoutée créée par l'entreprise ne suit pas. Il leur faut alors compenser ce défaut de compétitivité vis-à-vis de leurs concurrents internationaux. Cela fonctionne, du moins tout pendant que les taux d'intérêts restent bas. 

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