La foule se recueille devant Notre-Dame : "Toute la nuit j'ai regardé les tours, pensant qu'elles allaient s'effondrer"

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REPORTAGE – Au lendemain de l'incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale, l'émotion était forte mardi au pied de Notre-Dame, où des centaines de personnes affluaient en milieu de journée.

"Il va nous falloir des renforts pour gérer les piétons, car il y a beaucoup de monde, et ça continue d'affluer", avertit ce mardi matin un agent de la ville de Paris chargé avec d'autres de faire respecter le périmètre de sécurité mis en place sur l'île de la Cité. Dès le début de l'incendie et le retentissement des sirènes dans le bâtiment, lundi, les curieux, les touristes et les voisins s'étaient massés autour du monument historique. Depuis, autour de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris., la foule n'a jamais quitté les lieux. 


Certains ne peuvent s'arrêter de pleurer, d'autres sont envahis par la tristesse. Sidération et consternation sont sur tous les visages. "Je ne peux pas y croire", murmure Marie, 87 ans, qui vit à deux pas du monument. Comme des centaines d'autres, cette octogénaire est venue voir les dégâts, et elle est une des rares à ne pas immortaliser cette "catastrophe", téléphone portable à la main. 

"Une ambiance de funérarium"

Car bien que tenus à l'écart par des policiers, serrés sur les trottoirs, ou slalomant entre les voitures, touristes, riverains, curieux font tout pour s'approcher au plus près des deux tours de 69 mètres et voir l'ampleur des dégâts. "Toute la nuit j'ai regardé les tours, pensant qu'elles allaient s'effondrer, confie Estelle, les larmes aux yeux. Je vois la cathédrale de mes fenêtres, je connais le monument par cœur. Là, je l'ai vu se démolir progressivement, jusqu'à penser qu'il n'en resterait rien". 


Colette parle à ses proches au téléphone. Elle aussi est traumatisée. "Je ne peux pas vous dire. A la télé, vous ne pouvez pas vous rendre compte. Car à part la flèche, on pourrait croire qu'il n'y a presque rien. Mais le monument est mal en point, dedans comme dehors. Et l'ambiance… C'est une ambiance de funérarium dans tout le centre de Paris". 

Des prières en continu

Lundi soir, face aux flammes, de nombreux catholiques étaient venus prier à quelques mètres de la cathédrale. "Nous implorons notre bon Dieu que cela cesse. Notre-Dame, c'est tout pour nous, catholiques. Sans Notre-Dame, où les gens iront-ils se recueillir après des drames, des attentats ? Ici, c'était tout", nous indiquait, Paul, 17 ans, effondré. Plusieurs soldats du feu, après leur intervention, n'ont pu contenir leur émotion. 


"Le bon Dieu nous a entendus. Les 'Je vous salue Marie' et les autres prières ont contribué au sauvetage des tours, c'est certain", affirme Paul, quinquagénaire catholique. Ce mardi encore, près de Notre-Dame, nombreux étaient encore venus prier. 


Ce soir, à Paris comme ailleurs, des messes seront dédiées à cette cathédrale historique qui accueillait environ 13 millions par an venus du monde entier, soit une moyenne annuelle de plus de 30.000 personnes par jour. "La reconstruction sera longue, mais elle est nécessaire, pour que Paris puisse retrouver son âme. Sans Notre-Dame, Paris n'est plus Paris", assure Robert, habitant du 4e arrondissement. 

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