La France est-elle suffisamment protégée des importations ?

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À LA LOUPE – Donald Trump a annoncé une nouvelle salve de mesures douanières à l'encontre de la Chine. Le président américain affirme qu'il veut ainsi protéger les Etats-Unis des pratiques commerciales de Pékin. La France peut-elle mettre en place une politique identique ? Quelles sont nos taxes pour les produits chinois ?

Alors qu'une liste de plusieurs centaines de produits chinois surtaxés avait déjà été publiée durant l'été 2018, Donald Trump n'entend pas en rester là. Le 5 mai, il a annoncé, par une série de tweets orageux, que de nouveaux biens chinois seraient prochainement surtaxés à leur tour.


La France pourrait-elle agir de la même manière ? A la loupe s'est penché sur le sujet.

Les taxes de Trump impossibles en France

Si l'adage "Bruxelles décide de tout" est souvent utilisé avec excès, ce n'est pas exagéré concernant les règles douanières. Depuis 1968, et la création de l'Union douanière européenne, la France ne dispose d'aucun pouvoir pour fixer ses tarifs douaniers et ne peut pas les modifier unilatéralement. Les durcissements successifs des taxes contre la Chine mis en place par Donald Trump sont donc impossibles en France. 


Le marché unique et la libre circulation des marchandises au sein de l'Union européenne imposent en effet un tarif commun pour les importations de pays tiers. La moindre modification se décide à Bruxelles et à 28. En outre, lorsque l'UE baisse un tarif douanier pour un pays, elle doit le faire pour l'ensemble des pays adhérents de l'Organisation mondiale du commerce, qui comprend 164 membres. On appelle cela le principe de non-discrimination, expliquent les services des douanes, contactés par LCI. 

Des exemples concrets

Alors la France est-elle suffisamment protégée contre les produits importés ? Nous avons pris l'exemple de la Chine, plus gros exportateur de la planète. Dans le viseur de Donald Trump, elle assure, à elle seule, 14% des exportations mondiales. 


Avec l'aide des services des douanes, À La Loupe a établi une liste d'objets de la vie de tous les jours fabriqués en Chine. 

Savez-vous, par exemple, qu'il n'y a aucune taxe à l'importation pour les tablettes tactiles ? Pour un téléviseur, les droits de douane sont de 14%. Un t-shirt chinois en coton est taxé à hauteur de 12%. Petite particularité concernant les jeux pour enfants : si le jouet est en plastique, le tarif douanier est de 4,7%, mais à 0% pour toute autre matière. Si votre machine à laver provient de Chine, elle a été taxée à hauteur de 3%. Dans le secteur automobile, les voitures chinoises sont taxées à hauteur de 10%. 

Les taxes de Trump fonctionnent-elles ?

Une question se pose : augmenter massivement les droits de douane a-t-il permis aux Etats-Unis de protéger leur économie ? Donald Trump assure que oui. Parmi les produits que nous avons sélectionnés, plusieurs d'entre eux sont concernés par les nouvelles taxes. Par exemple, les tablettes tactiles chinoises sont désormais taxées à hauteur de 25% à leur entrée sur le territoire américain.  


Les premières surtaxes douanières furent mises en place par Donald Trump en juillet 2018. Pourtant, depuis, le déficit commercial entre les Etats-Unis et la Chine s'est aggravé de 11% par rapport à 2017. Le président américain se défend, il ne s'agirait que d'une période de transition, le temps que l'économie américaine retrouve plus d'autonomie vis-vis-vis de l'Empire du milieu. La Maison Blanche reste cependant positive : le chômage est son niveau plus bas niveau historique et les prix à la consommation n'ont pas augmenté malgré les surtaxes. Trump assure que ce sont les exportateurs chinois qui supportent les nouvelles taxes. 


A noter que si l'Union européenne n'a pas de tarifs particuliers envers les Chinois, elle applique pourtant une politique de surtaxe douanière... contre les Etats-Unis. En réponse aux taxes contre l'acier et l'aluminium européens décidées par Donald Trump en 2018, Bruxelles a ainsi établi une liste de biens américains désormais surtaxés, comme des produits agricoles (riz, maïs, tabac…), en acier, ainsi que des véhicules (motos, bateaux…) ou du textile. Par exemple, les pantalon en jean sont taxés à hauteur de 37%, contre 12% pour le tarif normal. 

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