Une attaque nucléaire au cours de la décennie ? La majorité des 20 à 35 ans s'y attend

Une attaque nucléaire au cours de la décennie ? La majorité des 20 à 35 ans s'y attend
Population

ANXIOGÈNE - Dans une enquête commandée par le Comité international de la Croix-Rouge, 16.000 jeunes adultes âgés de 20 à 35 ans, venus de 16 pays différents – dont certains sont en guerre – exposent leur point de vue sur les conflits et le droit international humanitaire.

Une tendance au catastrophisme pour le moins préoccupante. Quelque 54% des personnes nées entre 1980 et la fin des années 1990 sont convaincus qu'une attaque nucléaire se produira au cours de la décennie, selon une enquête du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publiée jeudi 16 janvier. Pour autant, 84% d'entre elles considèrent que l'utilisation d'armes nucléaires n'est en aucun cas acceptable, et 54% que ces armes devraient être interdites.

Dans cette enquête, 16.000 jeunes âgés de 20 à 35 ans, issus de 16 pays différents – dont la moitié connait des conflits armés – exposent leur point de vue sur les guerres et le droit international humanitaire. "Pour les membres de la génération Y, le risque qu'une guerre dévastatrice ait lieu de leur vivant est réel", constate le président du CICR. "Il est alarmant de constater que près de la moitié des personnes interrogées pensent qu'une troisième guerre mondiale éclatera au cours de leur existence."

Les jeunes ont évolué dans un monde où, quoi qu'ils fassent, c'est foutu - Samuel Dock, psychologue

Comment l'expliquer ? Sollicité par LCI, le psychologue Samuel Dock explique entre autres ce climat anxiogène dans les têtes post-adolescentes par le fait de "grandir et d'évoluer dans une société qui présente autant d’informations catastrophiques et catastrophistes sur le climat finit par provoquer des réactions d’angoisse et de détresse". 

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"Affirmer sans relâche que notre lieu de vie va se porter de plus en plus mal dans les prochaines années finit par contaminer les jeunes générations, qui ne voient aucun encouragement à lutter, ne perçoivent aucun espoir et envisagent alors très sérieusement la réalité d'une fin du monde devant eux", remarque-t-il. "Les jeunes ont évolué dans un monde où, quoi qu'ils fassent, c'est foutu : ils n’en feront jamais assez pour sauver la Terre, comme castrés dans leurs possibilités écologiques, impuissants à changer la situation." 

La torture "acceptable" pour 37% des sondés

L'enquête révèle par ailleurs des "tendances inquiétantes, qui traduisent un manque de respect des valeurs humaines fondamentales consacrées par le droit international", selon le CICR. Ainsi, 37% des personnes interrogées considèrent que la torture est acceptable dans certaines circonstances, et ce même après avoir reçu des explications sur la Convention des Nations unies contre la torture. Et 15% estiment que les combattants devraient employer tous les moyens pour atteindre leurs objectifs, quelles que soient les pertes civiles engendrées. 

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Le CICR juge toutefois "encourageant" de constater que 74% des millenials pensent que les guerres peuvent être évitées, et que 75% estiment nécessaire d'imposer des limites aux méthodes et aux moyens de guerre. Les jeunes adultes vivant dans les pays touchés par la guerre sont pour leur part plus susceptibles de croire qu'on observera moins de guerres, ou plus de guerres du tout, à l'avenir par rapport aux 20-35 qui résident dans les pays en paix (46% contre 30%). Quant aux millenials d'Ukraine et de Syrie, ce sont les plus optimistes selon le CICR : respectivement 69% et 60% d'entre eux sont convaincus que la guerre dans leur pays devrait prendre fin dans les cinq prochaines années.

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