La réforme des lycées de Blanquer ne remettrait pas en cause "les inégalités sociales de parcours scolaires", selon une étude

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EFFETS - Selon une première enquête réalisée par le SNES-FSU concernant l’effet du projet de loi du ministre de l'Education sur les choix d’orientation des élèves actuellement en seconde, les "hiérarchies de prestige" entre formations sont toujours à l’œuvre. Détails.

La suppression des séries générales S, ES et L au profit d'un "libre choix" de spécialités aura-t-elle raison des "hiérarchies de prestige" entre formations ? Pas en croire une première enquête menée par le SNES-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, et portant sur l’effet de la réforme Blanquer sur les choix d’orientation des élèves. 


L'étude, qu'a pu consulter France Info, et qui s’appuie sur les trois premiers vœux réalisés par 3 998 élèves de seconde, répartis dans 18 lycées de France, révèle que ces deniers reconstituent les anciennes filières et choisissent prioritairement les matières qui correspondent à l’ancienne série S. "Les trois spécialités les plus souvent demandées par les élèves sont justement les trois disciplines centrales de la série S. Elles sont suivies par deux disciplines qui sont au centre de la série ES, elles-mêmes suivies par deux disciplines typiques de la série L", précise le document.

Toujours autant d'"inégalités sociales de parcours scolaires" ?

Dans le détail, 65,7% des élèves de seconde sollicitent la spécialité "mathématiques" pour l'année de Première, tandis que 42,6% seulement demandent la spécialité SES (Sciences économiques et sociales), 33,3% optent pour la LLCE (Langue, littérature et civilisation étrangères) et 20,6% en HLP (Humanités, littératures et philosophie). "La suppression des séries au profit d'un 'libre choix' de 'spécialités'n'a absolument pas remis en cause la domination quantitative de la série S dans le lycée", conclut l’étude. "On retrouve donc exactement la hiérarchie quantitative entre les séries S, ES et L".


Second enseignement ? Le projet de loi du ministre de l'Education ne remettrait pas non plus en cause "les inégalités sociales de parcours scolaires". A savoir, celles qui s'appuient sur le genre de genre d'une part,les garçons étant sur-représentés dans la filière S et sous-représentés dans les filières L et ES. Elles qui s'appuient sur le niveau, d'autre part, les disciplines 'prestigieuses' étant réputées pour être beaucoup plus souvent demandées par les meilleurs élèves.

Pour Jean-Marc Huart, Directeur général de l'Enseignement scolaire, invité à réagir par France Info, "ce n’est pas du tout la tendance que l’on observe". Et de détailler : "ce qu’on nous dit, c’est que les élèves utilisent véritablement la liberté qui leur est donnée de choisir parmi l’ensemble des onze ou douze spécialités (...) Ils regardent les programmes des différentes matières pour faire un choix éclairé et c’est ressenti de manière extrêmement positive". 


Reste donc à savoir, laquelle de ces deux tendances se vérifiera dans les classes après l'été, et si la réforme qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2019 parviendra bel et bien à corriger les défauts du système actuel.

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