La surmortalité amorcerait une baisse sur le territoire français, d'après les chiffres de l'Insee

La surmortalité amorcerait une baisse sur le territoire français, d'après les chiffres de l'Insee
Population

BILAN - Le nombre de décès enregistrés en France entre le 1er mars et le 13 avril a augmenté de 25 % par rapport à la même période l'an dernier, selon des données provisoires de l'Insee. Néanmoins, cette surmortalité, qui peut être mise en relation avec l'épidémie de coronavirus, semble amorcer une baisse depuis le 1er avril.

En ces temps d'épidémie, l'Insee a décidé de divulguer exceptionnellement ses données sur le taux de mortalité en France. Des statistiques hebdomadaires et provisoires, à prendre donc avec précaution, mais qui révèlent une surmortalité de 25 %, enregistrée entre le 1er mars et le 13 avril sur le territoire, par rapport à la même période l'an dernier. 

Ici, l'Insee s'appuie sur le nombre de décès journaliers, toutes causes confondues : il n'est alors pas simplement question des morts liées au Covid-19. Au total, le pays a dénombré 93.839 décès pendant cette période, contre 75.100 en 2019 et 83.108 en 2018.

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Néanmoins, cette hausse du nombre de décès, liée en toute logique en partie à l'épidémie, semble amorcer un repli et même une baisse à partir du 1er avril, indique l'institut. Une tendance qui semble se poursuivre au-delà du 13 avril puisque "le nombre de décès diminue au cours de la semaine du 11 au 17 avril par rapport à la semaine précédente". Là aussi, l'Insee préfère rester prudent, rappelant que "si ces diminutions traduisent un réel ralentissement dans la progression du nombre de décès par rapport à la dynamique observée fin mars", ces derniers résultats ne sont pas définitifs.

L'Ile-de-France la plus touchée

Sur la période allant du 1er mars au 13 avril, l'Ile-de-France a été la région la plus touchée, avec un taux de mortalité supérieur de 91 % par rapport à 2019. Suivent les régions du Grand-Est (+ 61 %), de Bourgogne-Franche-Comté et des Hauts-de-France (24 % environ). 

L'Insee observe toutefois que dans la région Grand-Est, premier territoire gravement touché par l'épidémie, le nombre de décès quotidiens est en légère diminution entre le 1er et le 13 avril par rapport à la dernière quinzaine de mars. Une baisse marquée sur ces deux semaines dans les départements du Haut-Rhin (- 27 % après + 143 %), de la Haute-Marne (- 14 % après + 85 %) et de la Somme (- 3 % après + 25 %). 

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Au niveau départemental, le Haut-Rhin (+ 144 %), la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine (+ 128 %) comptent deux fois plus de décès entre le 1er mars et le 13 avril par rapport à 2019. Le Haut-Rhin a abrité le premier foyer de contamination, à la suite d'un rassemblement évangélique à Muhouse. La Seine-Saint-Denis, elle, affiche un taux de mortalité exceptionnellement élevé pour plusieurs raisons, selon Mathias Wargon, chef du service des urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis, au Huffington Post : "La population du 93 est plus pauvre que la normale, avec des problèmes de santé plus importants, comme l’obésité, directement liée à la pauvreté, l’hypertension, qui sont des facteurs aggravants de l’épidémie."

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