La télévision est-elle payante à l'hôpital, mais gratuite en prison ?

L'obtention d'une télévision est soumise à des conditions strictes en prison.
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À LA LOUPE – Depuis plusieurs années, des publications circulent sur Facebook pour expliquer que les prisonniers ont accès gratuitement à la télévision dans leur cellule. Un parallèle est généralement fait avec les hôpitaux, où la télé s'avère, elle, payante. Faut-il se fier à cette affirmation maintes fois relayée ?

À l'hôpital, bénéficier d'une télévision dans sa chambre est généralement payant. Si l'on en croit des publications Facebook repartagées à intervalles réguliers, la situation serait bien différente en prison, où les détenus bénéficieraient gratuitement d'un accès à la télé dans leur cellule. 

"Ça démontre à quel point notre système ne tourne pas rond", peut-on lire sur cette image, partagée près de 20.000 fois depuis sa mise en ligne. 

Les démentis ne suffisent pas

La télé gratuite derrière les barreaux ? Une idée reçue qui a la vie dure. Ce n'est pas la première fois (ni la dernière sans doute), qu'une telle affirmation est relayée, même si elle demeure erronée. Durant la campagne des législatives 2017, Libération avait déjà étudié cette intox, relayée à l'époque sur Twitter via les comptes officiels de responsables et de sections départementales du Front national.

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Un an plus tard, suite à la question posée par un lecteur, le site récidive et publie un second article, dans lequel il complète les éléments fournis quelques mois auparavant. Libé n'est pas le seul média à avoir "débunké" ces fakes news, puisque l'Union de Reims a fait de même, imité en août dernier par 20 Minutes. Malgré ces multiples démentis, les internautes continuent de repartager ces publications mensongères, en aucun cas représentatives des conditions de détentions observées en France. 

Une télé en cellule coûte 14 euros par mois

Un rapport de commission d'enquête publié sur le site du Sénat rappelle que "la télévision a été instaurée dans les établissements pénitentiaires à la fin de l'année 1985", à l'initiative d'un certain Robert Badinter. À l'origine, des prix variables étaient appliqués d'une prison à l'autre pour la location des téléviseurs, jusqu'à ce qu'un montant unifié soit instauré. La direction de l'administration pénitentiaire a indiqué dans un courrier officiel que depuis le 1er février 2016, un "renouvellement de marché" a conduit à "la fixation d'un prix unique de location à 14,15 euros par mois". 

La gratuité est toutefois possible pour des détenus dont les ressources seraient trop faibles. L'antenne française de l'Observatoire international des prisons indique que "17 % des personnes incarcérées sont considérées en « pauvreté carcérale », c’est-à-dire qu’elles disposent de moins de 50 euros par mois". Ces détenus, "en situation de grande vulnérabilité" sont en théorie susceptibles d'obtenir gratuitement la mise à disposition d'un téléviseur, si tant est qu'ils en fassent la demande. Par ailleurs, les mineurs (moins de 1000 détenus en France, à peine 1,3% des prisonniers) peuvent également en disposer sans avoir à s’acquitter des 14,15 euros mensuels. 

Le "Guide du détenu arrivant", dont la 7e édition a été publiée en juin 2016, précise les modalités d'usage des téléviseurs pour les détenus. Il nous apprend notamment qu'une "dégradation ou un usage non réglementaire de la télévision fait encourir une sanction disciplinaire et/ou un retrait de l’appareil si une réparation s’avère nécessaire ou si le poste est hors d’usage". Par ailleurs, "dans les établissements pour mineurs, le règlement intérieur précise l’heure d’extinction de la télévision".

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